Dans Gone Baby Gone, Ben Affleck adapte pour l'écran un roman de Dennis Lehane (auteur de Mystic River). Morgan Freeman y incarne un flic dont la fille a été assassinée, il n'a donc pas la froide distance que les enquêteurs ont vis à vis des affaires sur lesquelles ils travaillent. Il est impliqué, bouleversé, identifie sa douleur à celle des victimes.
Pour autant Freeman ne se laissera pas enfermer dans ces sombres univers. Il prête de fort belle manière sa voix à la version américaine de La Marche de l'empereur. Il apparaît au générique du renouveau inespéré de Batman Begins de Christopher Nolan, où il est de ceux qui n'ont pas trahi l'esprit des parents de Bruce Wayne (avec Michael Caine). Il reprendra ce rôle de Lucius Fox dans The Dark Knight, le Chevalier Noir, où il s'affirmera plus encore comme le loyal complice de Bruce Wayne. Il formera des duos avec d'autres acteurs glorieux dans des films dont ils sont le seul intérêt (avec Redford dans Une Vie inachevée, avec Jack Nicholson dans Sans plus attendre). Il a également campé la figure tutélaire des tueurs de Wanted, se livrant à une performance plus contrastée. Enfin avec Invictus, il retrouve le grand Clint dont il est devenu le complice pour interpréter le rôle d'un grand homme, Nelson Mandela. Cela nous rappelle à quel point ce comédien fait autorité et par sa belle carrière, inspire une immense révérence.
C'est sa faculté à créer l'empathie qui rend cet acteur exceptionnel. Il peut vous attacher à lui, à son rôle et à ce qui se passe à l'écran. Il est souvent celui qui guide. Il communique avec force une émotion, un état d'âme. C'est là la marque d'un comédien immense dont le visage et la voix évoquent beaucoup plus qu'un rôle ou un film, mais tout un pan de l'histoire du cinéma américain, à l'image des plus grandes références, des icônes telles que Humphrey Bogart, Gary Cooper, ou Clint Eastwood. Morgan Freeman est assurément de cette trempe.

