Actrice à la beauté aussi fulgurante qu'inquiétante, mêlant étrangeté et séduction, Mylène Jampanoï présente déjà une carrière qui en dit long sur ses orientations et sa détermination. Dotée d'un regard hypnotisant au possible, la jeune comédienne n'aime rien tant que déjouer les phantasmes que ne manquent pas de susciter son physique parfait. On la retrouve ainsi dans le
Martyrs de Pascal Laugier se donnant corps et âme dans une interprétation éprouvante. Qu'on se le dise, le mystère Jampanoï n'est pas prêt d'être éclairci...
Mylène fait ses grands débuts au cinéma avec un petit rôle dans le très moyen Les Rivières poupres 2 d'Olivier Dahan, pas encore consacré par
La Môme. Le public découvre un visage qui porte ce qu'il faut de grâce et de talent pour s'élever avec le temps vers une carrière plus que prometteuse.
Les Rivières pourpres 2
Après Mathieu Kassovitz qui s'est vu d'ailleurs ouvrir les portes d'Hollywood par Joel Silver suite à la réalisation de
Les Rivières pourpres, c'est un autre talentueux jeune cinéaste au visuel très marqué que le producteur Ilan Goldman est allé chercher, Olivier Dahan. Le réalisateur de l'excellent
Déjà mort, du semi-raté
Le petit poucet et de l'émouvant
La vie promise, s'investit donc dans une oeuvre de commande bien loin de ce qu'il nous avait jusque là offert. Et ça commence super fort avec un séquence d'ouverture outrancière, la découverte macabre d'un corps emmuré dans un monastère un soir d'orage définissant parfaitement ce que le film sera par la suite. Généreux dans son atmosphère, cherchant toujours à grossir le trait, à appuyer tous ses effets (les meurtres sont particulièrement graphiques), Olivier Dahan fait du cinéma de genre avec une évidente passion pour la chose. Faisant fi d'un scénario signé Besson pourtant prometteur dans sa première partie (tant qu'on n'y comprend rien, on marche à fond) mais désespérément mal exploité par la suite, et de dialogues la plupart du temps risibles ou consternants (selon l'humeur), le réalisateur démontre un savoir-faire visuel remarquable. Savoir-faire qui devient même époustouflant lors d'une séquence de poursuite à pied entre Reda (Magimel ultra convaincant en "remplaçant" de Cassel) et un moine aux prouesses physiques "yamakasiennes", une poursuite à la durée imposante où la richesse des péripéties n'a d'égal que celle des cadrages magnifiés par un montage à l'efficacité diabolique.
