Par La Rédaction - publié le 09 janvier 2009 à 11h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h04 - 0 commentaire(s)
Martyrs
Autant le confier immédiatement : Martyrs est une de ces réussites ultimes et hallucinantes qui risque de vous clouer au pilori. Que vous ayez aimé ou non, la réaction devrait être la même : l'incapacité totale à vous en remettre ou même à disserter dessus avec des arguments constructifs. C'est ce que l'on appelle plus communément un choc qui rassemble tout ce que l'on pouvait attendre d'un film de genre français et qui affiche la même ambition dans le fond (scénario de malade qui part d'un point A pour une destination inconnue) et la forme (mise en scène viscérale, sensible aux affects de ses deux protagonistes traumatisées). Sans en avoir l'air, le résultat renvoie à une bonne époque où l'on pouvait aller au cinéma en étant sûr de voir quelque chose de nouveau et de ressortir de la salle sur les rotules. En jouant la carte de la différence, Martyrs ne répond pas à des mouvances actuelles ou prédéterminées. Mais il fonctionne à double tranchant: ce qu'il propose est si radical, audacieux et offensif que personne ne va être d'accord. Pour plusieurs raisons. Pour commencer, ce film s'adresse en priorité aux férus de cinéma radical qui supportent toutes les propositions extrêmes. En cela d'ailleurs, Martyrs va au-delà du simple film d'horreur efficace (ce qui en soi serait déjà estimable) pour le transcender et lui donner une noblesse rare. C'est moins un film d'horreur qu'un film sur l'horreur (celle, insoupçonnable, tapie dans notre quotidien familier ou encore celle liée à toutes les formes d'oppressions). Aveuglé par sa détermination, Pascal Laugier prend le risque de déconcerter - le mot est faible - tout ceux qui considèrent l'horreur comme un sous-genre ou alors se contentent des rideaux de fumée scandaleux.
















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