Là où certaines fois le choix du nanar du mois peut paraître être une tache complexe qui a une fâcheuse tendance à faire diverger les avis, il faut reconnaître que ce mois-ci une opportunité de taille s’est présentée à nous ! En effet,
La Colline a des yeux 2 (2007) de Martin Weisz pointant le bout de son nez en DVD depuis quelques jours, celui-ci considéré comme un nanar par beaucoup, il semblait évident qu’il fallait quand même rétablir une sorte de justice en ressortant de nos dvdthèques l’un des films que même son réalisateur souhaiterait oublier, à savoir
La colline a des yeux 2, premier du nom ! Car à choisir entre les deux versions, s’il y a bien un nanar dans le lot, c’est sans conteste l’original qui sera montré du doigt ! Mais un nanar qui possède sa raison d’être et qui offre au spectateur des moments d’anthologie que même un mauvais Uwe Boll n’aurait pu imaginer…
Certains s’offusqueront sans doute qu’on s’en prenne à leur maître mais autant le reconnaître : Wes Craven est capable du meilleur comme du pire ! En effet, le Monsieur est capable avec une facilité déconcertante de lancer des grands mouvements dans le cinéma d’horreur mais aussi d’entraîner le genre à sa perte ; cependant, restant honnête, le réalisateur s’occupe lui même de la débâcle de ses propres œuvres en précipitant certaines de ses séries vers un niveau artistique, narratif, et technique frôlant la nullité (chose qu’il ne fera heureusement pas avec les griffes les plus célèbres du cinéma).
La colline a des yeux 2 est sans doute l’œuvre la moins appréciable du papa de Freddy pour la simple raison que la stupidité et surtout la détermination implacable de ne rien faire de qualité sont plus qu’apparentes à l’écran. Que les quelques amateurs de ce nanar ne s’énervent pas trop, il s’agit là d’un grand moment de non-cinéma comme on les aime et c’est aussi pour cela que ce
Hills have eyes part II est indispensable dans n’importe quelle collection qui se respecte !
Car si un film possède une véritable raison d’être, c’est bien sûr celui-ci. En effet, papy Craven fait l’erreur d’entamer sa carrière avec deux œuvres polémiques qui sont devenues depuis des classiques : en 1972,
La dernière maison sur la gauche qui lance Craven directement comme un réalisateur prometteur mais aussi ouvertement redouté par les mouvements puritains, le jeune cinéaste transformant l’essai cinq ans plus tard avec sa terrible Colline a des yeux ! Le voici donc devenu, l’espace de deux films, le nouveau pape d’un cinéma viscéral et percutant… S’en suivent quelques années de galères, pendant lesquelles il signe quelques films à la qualité toute relative et allant d’échec en échec, il tente désespérément de monter un projet qui lui tient à cœur. Conscient que personne ne voudra de lui tant qu’il ne refait pas un film qui le remette sur le devant de la scène, il accepte de mettre en chantier la suite de l’un de ses deux films de jeunesse. Etant plus que difficile d’offrir une sorte de seconde jeunesse à la maison si peu fréquentable, il se lance dans l’écriture d’un second chapitre des aventures de la famille terrible de cannibales du désert… Les producteurs lui promettent un budget à la hauteur de ses espérances mais hélas plus la production se concrétise et plus les sommes annoncées se réduisent comme peau de chagrin. Finalement, Craven doit se rendre à l’évidence : son film s’annonce comme un réel échec artistique… A partir de ce moment, le réalisateur ne s’impliquera quasiment plus dans le processus d’amélioration de son film. On lui donne les moyens minimums (un million de dollars quand même), il rendra donc le minimum en retour. Et cette absence totale de passion, on la sent très clairement à la vision de cet épisode plus que non recommandable !