LA VILLENew York, métropole géante, est une ville mythique. Créée par des hollandais au XVIIème siècle, elle n’a cessé d’évoluer, tant par son aspect géographique que par la composition de sa population. New York représente le rêve américain … C’est dans son port qu’arrivent par milliers et du monde entier, des émigrants pleins d’espoirs. Ce sont eux qui vont construire New York, ville grande par son cosmopolitisme et son rayonnement culturel. Cette utopie des émigrants est devenue la cité des fantasmes, des rêves les plus fous et des ambitions les plus démesurées. C’est le symbole de l’Amérique triomphante. Les réalisateurs qui l’illustreront voudront en détailler, avec une certaine fascination, les éléments du passé qui l’ont construit et ceux du présent qui la façonnent.
La Foule LES DEBUTS DE NEW YORK AU CINEMALe cinéma américain est né à New York, là même où avaient débarqué, poches vides, ventres creux, la tête pleine de rêves de grandeur et de prospérité, les émigrants du « vieux monde ». Les pères de ce cinéma, eux-mêmes, descendaient des bateaux : Zuckor, Goldwyn, Warner… Cette industrie naissante contribuera, dans une large mesure, à forger l’identité culturelle de leur pays d’adoption. Le cinéma est tout d’abord muet, ce qui a l’avantage de mieux « parler » à tous, sans distinction de langues, à l’image de
La foule (1927) de King Vidor, tourné en studio, mis à part des scènes de liesses, réalisées dans Manhattan. Toutefois le cinéma américain n’est pas resté à New York, la Californie lui offrait un climat plus accueillant, de plus vastes espaces et des paysages plus variés. Hollywood condamne à la fermeture les studios de Fort Lee et de Brooklyn. Les centres de décision du cinéma américain restent à l’Est alors que la production artistique émigre à l’Ouest. New York ne pouvait disparaître, tant elle était inséparable de l’irrésistible ascension de l’Amérique que le cinéma célébrait. Ce n’est donc pas un hasard si le premier film parlant de 1927 se passe à New York. Le chanteur de Jazz d’Alan Grosland fut tourné en extérieur dans le quartier juif, le Lower East Side et dans les studios de la Warner.
New York, dans le cinéma des années 20 ou 30, c’est LA ville, alimentée par des stéréotypes. C’est la ville triomphante qui dresse à l’assaut du ciel, l’architecture de son orgueil, la ville anonyme où l’individu se perd, et avec lui son identité même, la ville impitoyable qui trace des frontières invisibles entres les déshérités et les nantis. C’est dans une création de studio,
La rue sans issue (1937) de William Wyler avec Humphrey Bogart et produit par Goldwyn qu’est montrée la vie misérable dans les taudis new-yorkais et le chemin inéluctable qui mène les jeunes vers la délinquance. Faute de moyens financiers, dans d’autres films, des maquettes sont utilisées pour représenter la ville comme dans
King Kong (1933) de Merian C.Cooper.
La FouleIl faudra attendre la guerre pour que New York retrouve la réalité de sa géographie, de ses ethnies, en reprenant racine dans ses quartiers : Brooklyn, Harlem, Central Park, Chinatown, le Bronx… Au fil des années, les réalisateurs filmeront un New York contemporain ou au contraire, effectueront un voyage dans le passé pour tenter de la comprendre. Ils mettront en valeur ses habitants, son incroyable architecture, son atmosphère…
Comment transparaît New York au cinéma à travers son histoire et son aspect mythique ?