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Niels Arestrup : Insaisissable Et Tourmente [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 13 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 13 octobre 2009 à 14h43 - 0 commentaire(s)
Niels Arestrup retrouve Jacques Audiard dans Un Prophète (sortie le 26 août) où il incarne un parrain corse, formant un jeune homme en prison aux codes de ce rude univers. Le même réalisateur lui avait auparavant confié un autre rôle trouble, celui du père véreux de Romain Duris dans De battre mon coeur s'est arrêté (qui lui a valu un César du meilleur second rôle). Grand acteur de théâtre, il a longtemps été cantonné au cinéma dans les seconds rôles (tournant auprès de cinéastes non négligeables comme Alain Resnais, José Giovanni, Marco Ferreri ou Claude Lelouch). Cependant, la révélation sur grand écran est plus tardive (intense dans la Tentation de Vénus, vulnérable dans le premier film de Sophie Marceau, Parlez-moi d'amour). Ce comédien fascinant et atypique a également réalisé un film politique maîtrisé en 2007, Le Candidat avec Yvan Attal.

Seconds rôles intenses

Né en 1949 d'un père danois voulant rejoindre l'Amérique mais qui rencontra sa belle en France, le jeune Niels grandit en banlieue parisienne, à Montreuil. Il vit dans un HLM et évolue dans un milieu modeste et populaire. Il ne s'investit pas dans ses études et a le sentiment que sa vie se jouera ailleurs. C'est ainsi qu'à la faveur de sa rencontre avec Tania Balachova, grande professeur d'art dramatique, il scelle son destin. Surmontant sa timidité, il se lance avec passion dans les grands textes (Tchekhov, Shakespeare et son préféré, Rilke). A la vingtaine à peine sonnée, il se joint à une troupe, trouvant sa place sur scène et entamant une brillante carrière sur les planches.

Après avoir fait ses premières armes au théâtre, le ténébreux slave commence à être sollicité par le cinéma dans les années 70, dans Je, tu, il, elle de Chantal Ackerman ou dans Stavisky d’Alain Resnais en 1974. Même s'il est au second plan, sa nature s'affirme. Il hérite souvent de personnages troubles et ambivalents dans des univers sombres. Il se joint par exemple à l'histoire d'une prostituée martyrisée dans la Dérobade en 1979 (avec Miou-Miou). Toujours fidèle à sa passion pour le théâtre il est également à l'affiche de La chanson de Roland, contant le périple d'une troupe d'acteurs au XIIème siècle. Mais pour l'heure que ça soit chez Lelouch (dans Si c'était à refaire) ou Jeanne Moreau (dans Lumière), Arestrup n'est pas en haut de l'affiche.

Souvent requis pour des rôles controversés, la carrière de Niels Arestrup va évoluer dans les années 80. Après avoir recroisé Miou-Miou dans la Femme flic de Yves Boisset (traitant de prostitution infantile), il coécrit du Blues plein la tête de Hervé Palud, film d'épouvante dont il partage l'affiche avec Christine Boisson. Il s'embarque volontiers dans des histoires étranges, comme dans le Futur est femme de Marco Ferreri en 1984. Il y est l'époux d'une femme dont il est follement amoureux. Ce couple sans enfant finit par entretenir une relation fusionnelle avec une femme enceinte (Ornella Muti). Il campe également l'ami d’Isabelle Huppert dans Signé Charlotte en 1985. Chez Arestrup apparaît une dimension romantique et fiévreuse, intense et passionnée qui marquera ses grands rôles.


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