En ces temps incertains, il manque au monde des voix qui rassurent ou qui donnent à voir d’autres réalités que celles si rapidement servies par des médias parfois trop aveuglés ou dominants. Ainsi, dans cet univers de faux semblants dont on peine à sortir, le manque d’alternative ou de possibilité de changements se fait cruellement sentir. Or, de tous les continents, de plus en plus, s’organisent des contrefeux qu’animent et attisent certaines individualités aujourd’hui devenues incontournables. Amartya Sen, ancien prix Nobel d’économie, est de ceux-là, tout comme Noam Chomsky. Et c’est justement lui qui nous intéressera parce qu’il est pour la troisième fois l’objet d’un documentaire qui sortira sur nos écrans le
26 novembre prochain,
Chomsky et Compagnie.
Après
Noam Chomsky : pouvoir et terreur. Entretiens après le 11 septembre réalisé en 2003 et
Chomsky, les medias et les illusions nécessaires, l’homme paraît en effet devenir un sujet digne d’être raconté et plus encore médiatisé. Déjà fortement représenté en librairies depuis les événements du 11 septembre 2001 et les mensonges d’Etat qui ont suivis, Noam Chomsky semble manifestement incarner depuis, l’idéal non galvaudé d’un engagement intellectuel et humaniste sans faille.
Un intellectuel de son tempsLoin des clichés actuels et dans la pleine acception d’un mot que l’on accole par facilité à n’importe qui, Avram Noam Chomsky de son vrai nom, s’impose tout d’abord comme un intellectuel désireux de penser son époque et d’agir sur elle. Ce natif de Philadelphie qui vit le jour le 7 décembre 1928 est sans conteste très loin de l’image que l’on peut se faire du révolté, en étant d’abord reconnu pour la qualité de ses travaux intellectuels et scientifiques.
Professeur émérite de linguistique au MIT depuis plus de cinquante ans, l’homme est un expert en linguistique et structures syntaxiques. En somme, il s'avère un des esprits les plus brillants de son temps dans ce domaine qui mêle à la fois, l’étude de la langue et la construction de cette dernière comme instrument de pouvoir. Dès lors, par ses activités propres et le champ qu’il s’est lui-même défini, il était plus que possible que le brillant étudiant qu’il fut, parvienne à penser les modes d’expression et de langage aussi chers aux politiques qu’aux grands structures médiatiques.
C’est notamment par ce biais que celui que l’on considère comme le fondateur de la grammaire générative et transformationnelle, va s’engager en politique et user de son savoir pour déconstruire les discours du pouvoir et leur opposer une pensée critique.