LES BRIDGES (Lloyd, Jeff, Beau, Dylan)Quand on pense "familles de cinéma", on ne pense pas forcément tout de suite aux
Bridges mais plutôt aux
Baldwin, aux
Arquette... toutes ces dynasties hollywoodiennes ayant tenu le devant de la scène. Et si les
Bridges se sont toujours faits plus discrets, ce n'est pas tant qu'ils n'ont pris part qu'à des films de seconde catégorie (bien au contraire) ou qu'ils ont moins de talent (encore plus au contraire !) mais, tout simplement, qu'ils sont moins "people". Ce ne sont pas des "beaux gosses", ils n'ont pas épousé de mannequins, n'ont pas fait de coûteux divorces, n'ont jamais eu de gros problèmes avec la justice, ne se sont jamais fait prendre cul nu sur une plage... Et même si l'une de ces affirmations s'avérait vraie (sait-on jamais, je ne suis pas un expert people), nous ne les connaissons en fait que pour leur travail et, j'ai envie de dire, quel travail ! Commençons avec le père, Lloyd Bridges, qui est probablement l'un des acteurs les plus drôles de tous les temps. Quiconque l'a vu dans les films des Z.A.Z n'osera me contredire tant ses rôles, pourtant secondaires, frôlent le génie. Le chef de la tour de contrôle des
Y a t'il un pilote dans l'avion ? ou l'amiral puis le président Benson des
Hot Shots ! furent autant de rôles où son talent naturel pour les pitreries les plus décalées nous saute au visage, faisant de lui un atout majeur de ces films. Mais son fils Jeff n'est pas en reste avec une filmographie que beaucoup d'acteurs doivent lui envier (
Tron,
Blown Away...). Il a en plus la gloire d'avoir interprété l'un des personnages les plus cools et les plus cultes de toute l'histoire du cinéma : Jeffrey Lebowski, dit "le Duc" (ou "the Dude" pour les v.o.philes). Rien que pour
The Big Lebowski, Jeff Bridges est donc intouchable et ne mériterait pas une, mais deux (voire trois) étoiles sur le
Walk of Fame d'Hollywood. Et pour finir nous avons Beau, le plus discret de la famille, qui n'a peut-être rien de fait de mémorable (si ce n'est une participation excellente à la série
Au-delà du réel dans le double épisode Sandkings, où il tient la vedette avec son père et son fils Dylan) mais qui profite toujours d'un fort capital sympathie dû à son arbre généalogique. Parce que les Bridges sont une "famille de cinéma" que l'on aime pour leur apparente simplicité, pour leur évident talent. Et pour leurs sacrés bons films !
FAMILLE DILLONLorsqu’il tourne
Outsiders et
Rusty James Francis Ford Coppola fait appel à la jeune garde du cinéma américain de l’époque qui forment ce que l’on appelle le Brat Pack, nom générique donné par les médias à un groupe d’acteurs et d’actrices nord-américains qui se sont révélés dans les années 80 et sont notamment apparus à l’écran dans des films destinés aux adolescents (Tom Cruise, Rob Lowe, Patrick Swayze, Ralph Macchio, Emilio Estevez). Parmi eux un jeune homme brun au visage angélique et aux poses à la Brando qui va devenir pendant quelques années le bad boy de ces jeunes loups, Matt Dillon. Acteur félin et dionysiaque (
Drugstore cowboy, Target) Dillon s'emploie durant les années 90 à mettre à mal son image de révolté qui menaçait de lui coller à la peau variant ses choix de rôles (malfrat dans
Albino aligator ou psychopathe dans
Un baiser avant de mourir) parfois jusqu'à l’autodérision (
Mary à tout prix et
In and Out). S’éloignant du star system aux début des années 2000 il fait un retour fracassant d’abord en 2002 en passant en derrière la caméra avec
City of Ghosts, puis avec deux prestations fiévreuses dans
Factotum et
Collision. Le frère de Matt, Kevin Dillon, a connu une carrière tout aussi chaotique mais bien moins fructueuse se faisant remarquer en 1986 pour son rôle de Benny dans
Platoon puis en 1991 dans le film
The Doors. Sa carrière ne décollera pas vraiment au cinéma à cause de choix parfois malencontreux (
Absolum 2022) mais restera un acteur de télévision assez prolifique (la série
Entourage).
Dossier rédigé par Nicolas Houguet, Vincent Martini, Nicolas Chestier, Pitouwh, David Brami.