Par La Rédaction - publié le 06 mars 2008 à 09h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h26 - 0 commentaire(s)
LES HAUTS DE HURLEVENT
Le roman d'Emily Brontë a connu plusieurs transpositions cinématographiques, dont aucune ne parvenait à rendre la sombre beauté. L'oeuvre est ténébreuse et tourmentée, les personnages torturés, damnés. George Bataille la qualifiait de grande oeuvre sur le Mal. On imagine des paysages battus de tempêtes, des steppes toujours orageuses et des héros en perpétuelle souffrance, en quête d'un bonheur qui leur sera toujours inaccessible. Ils sont cruels comme leur destins. Cathy et Heathcliff s'aiment depuis l'enfance mais passent leur temps à s'anéantir fiévreusement. Leur amour est une frustration, une douleur absolue. Quelques adaptations ont vu le jour sur grand écran, l'une très classique avec Lawrence Olivier, une autre plus convaincante avec une belle idée de casting, Juliette Binoche et Ralph Fiennes dans le rôle des deux amants maudits. Pourtant le caractère malsain et douloureux de ce romantisme noir échappe toujours à la caméra. On peine à ressentir les forces qui s'affrontent dans cet univers à vif, cet amour presque macabre et le vengeance presque criminelle d'Heathcliff qui en est la conséquence. Ainsi je rêve d'un film dont le coeur serait cette dimension trouble, cette sensualité insatisfaite, ce sadisme, ce malaise, cette cruauté et cette malédiction qui fondent l'oeuvre de Brontë. J'ai souvent songé que La Leçon de Piano de Jane Campion avait en lui cette atmosphère particulière. Daniel Day-Lewis dans sa jeunesse aurait fait un Heathcliff magnifique. Eva Green pourrait camper une Cathy à l'ambiguïté permanente. Et il y aurait la tempête sur ses étranges étendues désolées, des orages. Il ne s'agit pas d'une oeuvre sage d'époque, académique et en costumes. Il faudrait un film plein de passion et de douleur qui rendrait enfin justice à ce chef-d'oeuvre romantique que l'on réduit trop souvent à son histoire d'amour. Or le livre est envoûtant, comme vénéneux. Et le film devrait l'être, comme un fantasme cauchemardesque.


LE TOUR DE GAULE D’ASTERIX
Certes, le dernier Astérix était moyen (d’autres diront mauvais), mais ça n’empêche pas le fait que le concept de porter Astérix au Cinéma n’est pas une mauvaise idée en soi. Après tout, Mission Cléopâtre était très réussi. Alors, quitte à faire un Asterix (parce que ça va se faire de toute façon), autant prendre un bon matériel de base, et justement, l’album « Le Tour de Gaule » serait propice à de nombreuses scènes drôles, et pourrait même avoir du succès (si on y réfléchit bien). En effet, le carton de Bienvenue chez les Ch’tis prouve bien que le Français n’est pas sectaire, et qu’il aime à se moquer des clichés de ses régions. Hors, par le fait d’un hasard extraordinaire, « Le Tour de Gaule » s’amuse justement à pasticher les villes visitées. Le producteur aime aussi y ajouter un casting de « rigolos du petit écran » parce qu’il pense que ça fait vendre. Mais le producteur ne sait jamais où placer ces rigolos dans le film (qui se retrouvent avec un temps de présence excédant rarement les 5 minutes). L’aspect « film à sketches » du Tour de Gaule se prête justement au placement de comiques régionaux dans le scénario. Pour faire original, pourquoi ne pas mettre Patrick Bosso à Massilia, ou Dany Boon dans le Nord par exemple (alors oui, je n’ai pas été cherché bien loin mais j’essaye de me mettre dans la peau d’un producteur de cinéma populaire, Eric Cantonna peut remplacer Bosso). En plus, pas besoin de construire des décors monumentaux en 3D, vu que le film se déroule sur les routes Françaises, nul besoin de modifier le scénario puisque l’histoire est bonne, et se prête à de nombreuses scènes ajoutées, il suffit de rajouter des étapes. Pourquoi aller chercher en Grèce ce qui se trouve à deux pas de chez nous ? On va me dire « oui, mais du coup on peut pas mettre de grosses stars Européennes pour l’étranger. A cela, je répondrais que le succès outre Atlantique de La Môme montre bien qu’on n’a pas besoin d’avoir un casting international pour cartonner. Alors, messieurs les producteurs, qu’attendez-vous pour lancer le projet sur grand écran ? Propice à de nombreux gags, proche des « Douzes Travaux » (le meilleur Asterix à mon goût), quitte à le faire en animation avec « la voix de… » dans les guest. Au lieu de faire un « Asterix sur le Kilimandjaro », prenez un album qui vaut le coup, ça coûtera moins cher. En plus c’est mon album préféré avec Astérix chez les Helvètes (tiens, ça serait bien ça aussi…).


AVATAR (DESSIN ANIME)
J’avais toujours eu un a priori négatif sur cette série, je la voyais comme une pathétique tentative américaine de surfer sur la vague manga. Ça, c’était avant de regarder la série. Parce qu’une fois que je me suis lancé dedans, j’ai immédiatement enquillé les deux premières saisons. Conclusion ? Cette série est énorme, sans mentir. Que ce soit au niveau des designs très sympas, de l’animation plus que correcte ou bien des musiques qui vous chantent dans les oreilles et font s’emballer votre petit cœur, tout est assuré. Mais là où la série prend une dimension encore plus géniale, c’est dans deux de ses éléments fondateurs : l’humour, en premier lieu, avec des gags qui font très souvent mouche et, surtout, ses impressionnantes scènes de combat. Il faut voir comment les 4 éléments (l’eau, le feu, l’air et la terre sont à la base des pouvoirs des personnages) sont utilisés pour comprendre à quel point les scénaristes et réalisateurs en tirent le maximum, nous offrant des chorégraphies à la fois belles et puissantes, cools et couillus. Des scènes que l’on rêverait de voir en cinéma live, mais qui ne rendraient probablement pas bien. Ou pas aussi bien. Alors, pourquoi « film fantasmé » ? Justement parce que cela restera probablement du domaine du fantasme, à jamais ; et même si l’on a parlé pendant un temps d’une adaptation avec Night M. Shyamalan aux commandes (ce qui ne correspondrait pas à son style, mais cela rend la chose encore plus excitante), il est permis de croire que cela ne verra pas le jour tant l’ampleur de la tâche apparaît comme énorme. Et, en même temps, on a longtemps cru la même chose en ce qui concerne Dragon Ball Z, que nous pourrons finalement voir en live d’ici à l’année prochaine… Espérons juste, si Avatar venait à être adapté, que cela se présenterait mieux que le portage de l’œuvre d’Akira Toriyama. Parce que si le but de la manœuvre n’est que de foutre en l’air nos fantasmes, autant s’arrêter à l’original !

LA SPLENDEUR DES AMBERSON

Lorsqu’il sort sur les écrans américains en 1942 en double programme avec une comédie, La splendeur des Amberson( adapté du roman éponyme prix Pulitzer en 1919) n’est déjà plus le film d’Orson Welles, monté et remonté sans aucun respect des notes laissées par le réalisateur parti au Brésil pour filmer le carnaval. Déjà amputé d’une vingtaine de minutes par Welles lui-même pour la première, le film subira d’autres coupes drastiques et hystériques, le réduisant de son dernier tiers jugé, lors des projections tests, trop sombre et déprimant, clôturé d’un happy end abrupt et maladroit presque arbitraire qui dénature totalement les intentions de base du réalisateur qui souhaitait décrire la tragédie d’un monde doré qui se délite. Il y a aujourd’hui peu de chance que l’on visionne un jour toutes ses scènes manquantes mais même réduit à quatre vingt cinq minutes (au lieu des deux heures trente de la version originale) La splendeur des Amberson, film maudit qui va sceller sous peu le destin de Welles, reste un pur joyau du cinéma, inventif et visuellement magnifique, un chef d’œuvre mutilé mais bien vivant qui ne se livrera sans doute jamais aux yeux curieux de spectateurs transis. Dossier rédigé par Kévin Dutot, Vincent Martini, Florent Kretz, David Brami, William Couette, Nicolas Houguet, Stanislas Bernard, David A., Nicolas Chestier
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