La rédaction dvdramienne vous convie en musique à découvrir nos meilleures bandes originales de films. Symphonie grandiloquente ou thème intimiste, composition désespérée ou refrain dissonant, cuivres martelant ou sections de cordes acérées, voici les partitions préférées de nos rédacteurs. Emplissant un espace sonore devenu familier, ces compositions ont bercé nos sens et c’est à nous, aujourd’hui, de leur rendre hommage…
LE DERNIER DES MOHICANSMichael Mann a souvent répété qu’il choisissait en amont ses textures musicales pour pouvoir ressentir ses futurs plans. Ses dernières années, il a opté pour des ambiances électro-acoustiques pour filmer la nuit en numérique et entreprendre un grand bouleversement esthétique en devenir. De Tangerine Dream sur
Le Solitaire et
La Forteresse Noire à Lisa Gerrard sur
Révélations, le réalisateur a toujours su s’entourer des plus grands, employant même Moby (grand artisan, piètre chanteur) sur
Heat pendant la confrontation De Niro/Pacino. En 1992, Mann filme le New-York de 1757 avec des forêts sauvages et des Mohicans en guerre pour leur survie. Après des différents artistiques qui amenèrent le divorce de Trevor Jones avec Michael Mann, c’est Randy Edelman qui reprit le flambeau à partir du thème principal déjà composé et qui est rentré depuis dans la légende. Avec une mélodie infiniment belle et une section de cordes qui remporte l’adhésion dès les premières secondes, ce
Main Title peut se réécouter en boucle avec une émotion intacte. Les musiciens opèrent des réarrangements pharamineux contant l’aventure avec
Elk Hunt ou soufflant le doux vent du romantisme sur
The Kiss. La force de cette bande originale est d’avoir su allier richesse symphonique et beauté mélancolique, sans oublier une écriture dense et percutante lors de scènes d’action d’anthologie. Anthologie, c’est d’ailleurs le mot qui vient immédiatement à l’esprit, à l’écoute de ce chef-d’oeuvre musical intemporel.
GHOST IN THE SHELLGhost in the Shell narre les aventures du major Motoko Kusanagi et son équipe aux prises avec un mystérieux hacker répondant au doux nom de Puppet Master. Ce dernier met en péril la sécurité civile de la ville, ce qui n'est pas du goût de tout le monde. Mais au-delà de la menace politique qu'il représente, l'entité derrière le Puppet Master est aussi attirée par l'idée de l'existence et de sa propre évolution ...
A tout récit philosophique il convient d'avoir la bande son en conséquence, et celle proposée par Kenji Kawai en illustre délicieusement la réussite. Sa collaboration avec Mamoru Oshii (qui a certainement contribué à le faire connaître en dehors de son Japon natal) revêt plusieurs aspects et enrichit le film à sa manière avec une maestria qui nous laisse encore pantois.
Sa composition à la fois troublante, calme et hypnotique contribue à trancher avec l'atmosphère métallique, froide et définitivement urbaine de l'oeuvre de Oshii. Avec ces gongs et ces percussions multiples, elle confère au film cette note de spiritualité tant attendue, cette étincelle d'humanité passablement effacée chez les différents protagonistes du film d'animation. La bande son complète ainsi idéalement un récit puissament évocateur sur le devenir de nos existences et notre déconnection progressive de nos racines, de nos "ghosts" incomplets ...