Par La Rédaction - publié le 31 mars 2008 à 23h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h57 - 0 commentaire(s)
MAD DETECTIVE
Bun est un détective d’un genre un peu spécial, il prend la place des victimes ou des supposés suspects pour élucider des affaires de meurtres. Après avoir été viré de la police à cause de sa folie, l’inspecteur Ho, qui fut quelques années plus tôt son auxiliaire, lui demande de reprendre du service pour retrouver le corps introuvable d’un officier disparu lors d’une filature. Voyant les démons de chaque personne qu’il croise, Bun se met à revivre une scène de repas commandé par un suspect. Enchaînant un potage aux ailerons, un mérou à la vapeur, un demi-poulet croustillant et un bol de riz nature plusieurs fois de suite devant les yeux éberlués de la serveuse, Bun s’attache à s’imprégner des sensations d’autrui pour percer leur personnalité, comme une sorte de profiler aux dons exacerbés. Ingurgitant, au sens propre comme au figuré, les mets mais aussi les gestes, le ton et les habitudes du suspect, Bun accède à son intimité, à son mode de pensée au point de vomir le repas entier, comme si l’expérience le remplissait des démons recherchés, démons qu’il se doit de régurgiter pour revenir à la réalité. Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. Johnnie To détourne la maxime pour tout d’abord nous faire saliver, aiguiser notre appétit devant cet étalage de plats délicieux, avant de bifurquer vers le dégoût, multipliant les plans où le personnage se goinfre littéralement, la nourriture excédant sa capacité buccale avant le rejet complet. Probablement l’une des scènes les plus réussies du film et qui nous prouve que Johnnie To sait avoir du goût…


SUPER SIZE ME
A la manière d’un Michael Moore (sans le sur-poids, enfin pas au début du film en tout cas), Morgan Spurlock se met en scène pour dénoncer et pointer du doigt ce qui selon lui est un problème majeur aux Etats-Unis : la malbouffe (et l’obésité qu’elle entraîne chez deux adultes sur trois). Avec une touche de jackasserie, l’auteur engouffre chaque jour des menus du clown Ronald jusqu’à se mettre en danger physiquement et tomber dans la dépression sous les yeux de sa petite amie végétarienne. Spurlock devient un Mac Homme, expérimentant frites graisseuses, sodas sucrés et hamburgers gigantesques pour éprouver son corps jusqu’à l’overdose. Il faut le voir engloutir des menus super size pour quelques dollars de plus, pour quelques kilos de plus, pour quelques tracas de plus. Sur la banquette arrière de sa voiture, il met les bouchées doubles. A deux doigts de la perforation intestinale, Morgan Spurlock vomit son repas comme il expulse cette Amérique grasse en train d’imploser. Super Size Me devient le projet fou d’un provocateur sado maso à l’aube de la déchéance physique. Quelques années plus tard, on sait que Morgan Spurlock a réalisé Where in the World is Osama Bin Laden ?, mais on n’est pas véritablement certains que la malbouffe n’est pas en train de gouverner la gastronomie mondiale.


Dossier rédigé par Jean-Baptiste Guégan, Florent Kretz, Pitouwh, David Brami, Nicolas Houguet, David A., Gilles Botineau, Nicolas Schiavi.
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