LA FIEVRE DU SAMEDI SOIRPeu de films ont réussi à atteindre la même intensité que
la Fièvre du Samedi soir (dans la catégorie film de danse, rassurez-vous), et il est certain que si un seul film sur ce sport artistique doit être retenu c’est celui-ci qui doit être gardé tant la dimension dramatique qu’il transporte et la présentation de la période historique qu’il rappelle sont incroyablement réussis.
La fièvre du samedi soir plus qu’un simple film pour minettes frétillantes ? Certainement… A travers la vie de Tony Manero, jeune homme issu d’une famille immigré italienne très traditionnelle, John Badham nous décrit à la fois les mœurs d’une époque mais surtout les craintes et les doutes d’une génération qui ne voit qu’un avenir sans réelle importance se présenter à elle. Nous sommes dans la fin des années 70 et ce malaise a déjà été ressenti au cinéma au travers du chef d’œuvre absolu qu’est
Rocky. Naturellement nous retrouvons donc une affiche du film qui se voulait déjà réaliste dans son approche et dans son message social, dans la chambre de Tony, posant par cette mise en abîme
La fièvre du samedi soir comme la vérité et
Rocky comme une fiction… Toujours est il que quelques part, la filiation entre les deux (le monstre de cinéma écrit par Sly restant le top du top !) et le film de Badham possède en effet cette dimension sociale assez forte.

John Travolta, incarnant Manero, donne toute la grâce et le génie voulus gestuellement pour rendre son personnage à la fois incroyablement doué mais surtout extraordinairement humain, et cette recherche de la perfection dans la danse au milieu de la boite très beauf qu’est le 2001, tient brillamment de la réelle quête d’identité d’une classe sociale culturellement moyenne. Et lorsque autour de lui, le monde semble s’écrouler par des certitudes finalement bafouées ou des réalités rattrapant ces soirées d’oubli (la grossesse inattendue, le suicide des amis ou l’abandon du séminaire par le frère aîné…), Manero prouve qu’avant d’être un danseur que tout le monde admire un soir par semaine, il est avant tout un jeune qui a envie de s’en sortir… Et chose que n’ont pas fait tous les autres
Sexy Dance et compagnie : le film de Badham ne tombe jamais dans le mélo gratuit et puant, l’ensemble restant très cohérent et finalement assez juste, le tout boosté par la mythique bande son des Bee Gees, qui lançaient à eux trois (plus le film) la terrible vague disco telle qu’on la connaît aujourd’hui…
Dossier rédigé par Pitouwh, Nicolas Houguet, Gilles Botineau, Florent Kretz.