Par La Rédaction - publié le 11 mars 2008 à 10h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h31 - 0 commentaire(s)
La rédaction dvdramienne, toujours à l'affût de vos réflexions cinéphiliques, s'attarde aujourd'hui sur la notion de peur au cinéma. Plusieurs de nos rédacteurs exposent ainsi en quelques lignes les monstres qui les ont vraiment effrayés sur grand écran. En attendant comme d'habitude de découvrir dans les forums vos créatures les plus terrifiantes.


RING
Ring, c’est un peu le cauchemar de tout téléspectateur atteint d’une sérieuse fièvre, qui devient réalité : un monstre qui regarde l’objectif (donc, nous), qui s’approche et finit par carrément sortir de l’écran pour nous faire mourir de peur. Videodrome, en pire. Cette idée, difficilement justifiable sur le papier, est pourtant ce qui fait toute l’efficacité de Ring premier du nom. Avant que les séquelles, les copies, les remakes et les parodies n’envahissent les écrans, le film d’Hideo Nakata était avant tout un pur bijou de terreur, racontant l’histoire d’une cassette maudite qui, une fois visionnée, laisse s’échapper sept jours plus tard d’une télé un fantôme revanchard. Sadako, de son prénom, n’a plus d’ongles, mais de longs, longs cheveux noirs qui lui barrent une bonne partie du visage. On ne lui voit qu’un seul œil, révulsé, et lorsqu’elle franchit le Rubicon symbolique de l’écran de télé, laissant quelques flaques d’eau derrière elle, personne ne fait le malin. Comme dans tout bon film de fantômes, Sadako ne cherche finalement qu’à quitter son purgatoire cathodique (si elle est bloquée sur les plateaux de TF1, on peut la comprendre…) et à ce que le mystère de sa mort cruelle, soit élucidé. Mais en attendant, elle continue à tuer, sans relâche, tout spectateur imprudent, le figeant dans un rictus effrayé pour l’éternité. Depuis, les petites filles aux cheveux gras ont la côte dans le cinéma d’horreur, à tel point qu’on a désormais plus envie de s’armer de ciseaux pour leur refaire une frange, que de se blottir derrière son canapé. Dommage.


LA GUERRE DES MONDES
Habituellement, les extra-terrestres, dans les films de science-fiction, ne font pas vraiment peur. Ces drôles de choses volantes dans leurs drôles de machines suscitent plus la fascination que l’effroi, ce qui explique le succès d’un ET ou d’un Rencontres du troisième type. Dans ces deux films de Steven Spielberg, l’inconnu, l’être venu d’une lointaine planète, représente une chance pour l’humanité de mieux comprendre l’univers. C’est un point de vue optimiste. Vingt ans plus tard, le wonder-boy du cinéma américain a pourtant radicalement changé son fusil d’épaule. Le titre même, La guerre des mondes, annonce la couleur. Ces ET-là ne sont pas venus sur Terre pour faire du Jean-Michel Jarre, mais pour annihiler l’espèce humaine et s’en servir comme engrais. On ne les assomme pas d’un coup de poing comme Will Smith dans Independance Day. Plus clairement, le héros Tom Cruise et sa petite famille n’ont plus qu’une seule chose à faire une fois que les Tripodes sont sortis de terre : fuir. Comme dans le film original de Byron Haskin, l’extra-terrestre lui-même, niché dans son robot à trois pattes réduisant en cendres tout ce qu’il touche, est peu montré à l’écran. Sa sauvagerie, qui rend chaque séquence d’attaque imprévisible, n’en est que plus effroyable. L’ennemi attaque ici sans sommation, n’émettant qu’un grondement semblable à celui d’un cétacé des grands fonds. Avec ce spectaculaire film catastrophe, Spielberg retrouvait, près de trente ans après Les dents de la mer, ce niveau de terreur primitive, qui saisit n’importe quel être humain face à une force inconnue et dévastatrice.


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