FUNNY GAMES, de Michael Haneke
Un couple rejoint sa résidence de vacances afin de passer son habituel été. Ils retrouvent leurs amis/voisins déjà arrivés et se mettent d'accord afin de se lancer dans une partie de golf le lendemain. Pendant que son mari et son fils sont affairés dans la remise en état de leur voilier, la femme prépare le dîner. Elle reçoit une visite qui changera sa vie à jamais ; celle d'un jeune homme poli et bien habillé, lui demandant des... oeufs. Au moment de remettre à l'élégant jeune homme l'objet de ses convoitises, la maîtresse de maison hésite... Comment son hôte s'est-il introduit chez elle ?
Tout l'art de Haneke réside dans sa faculté à faire intervenir un élément perturbateur au visage angélique qui mènera toute la petite famille vers sa disparition pure et simple. A la manière d'un anthropologue de la séquestration, le réalisateur exploite cet évènement quotidien afin de donner naissance à l'ultra-violence gratuite et abjecte d'une époque.
Les oeufs tombent au sol et se brisent, et la femme perd ses moyens jusqu'à chasser son envahissant hôte bientôt rejoint par son acolyte vêtu de gants blancs.
Ces oeufs cassés là ne font pas d'omelette, et on n'a jamais vu un tel carnage gratuit à l'écran avec pour origine des faits aussi quelconques. C'est aussi toute la puissance du projet d'Haneke ; faire apparaître la violence la plus perverse dans la vie de tous les jours de la façon la plus arbitraire qui soit. Glaçant !
Dossier rédigé par Florent Kretz, PitouWH, David A., Vincent Martini.