RAMBOQui n'a pas rêvé de barouder en pleine forêt, muni de son couteau de survie capable de transformer n'importe quel bout de bois en cabane ?! La figure de John Rambo est indissociable de celle de son couteau dont le design évolue au fur et à mesure des films de la saga. Design sobre mais efficace dans le premier, lame noire trahissant le côté sombre du héros dans le second. Taille massive du couteau dans
Rambo 3, enfin hybridation du couteau et de la machette dans le dernier opus, chaque modèle de lame apporte sa nuance. Fabriquée par deux des plus grands armuriers américains, Jimmy Lile et Gil Hibben, Rambo trouve dans son couteau son alter ego, son compagnon d'infortune, sa moitié. Dans le premier film, le manche de l'arme renferme une boussole et un nécessaire de survie qui permet au héros de se diriger et de soigner une plaie ouverte. Le couteau dont l'étui est plaqué contre la cuisse tel un révolver est une extension de lui-même, une partie dont il ne peut se séparer (dans le commissariat, lorsqu'il s'échappe, il pense clairement à récupérer son arme). Enfin l'arme dispose d'une aura bienveillante, elle lui permet de sortir de l'obscurité de la grotte lorsqu'il la brandit telle une torche enflammée. Avec les longues séquences d'aiguisage dans le second et le troisième opus (dans le quatrième, il la forge lui même), une relation presque sensuelle s'instaure. Il frotte lentement la lame contre la pierre dans un geste de va et vient afin de l'affûter et la rendre plus coupante. De son couteau Rambo tire sa force.

BASIC INSTINCTAlors que Nick Curran dit le Flingueur (Michael Douglas) enquête sur un meurtre impliquant de fortes consommations de drogues, il se tourne naturellement vers l'ex-maîtresse de la victime, Catherine Tramell (Sharon Stone), une romancière à l'imagination morbide dont le meurtre est inspiré de l'un de ses écrits. Femme dominatrice au tempérament dévastateur, Catherine Tramell est telle une mante religieuse qui dévore ses amants après usage. Film éminemment psychanalytique (cf. la double personnalité de la psychiatre des forces de police), le pic à glace concentre toute la tension sexuelle du film. Alors que Nick tente de séduire la romancière lors d'un apéritif, celle-ci utilise l'objet fatidique pour rompre la glace en petits morceaux, laissant croire au policier que celui-ci tient les rênes de la discussion. Au contraire, la mise en scène de Paul Verhoeven permet au spectateur de comprendre de suite que l'arme prend dans les mains de la femme fatale une toute autre signification : Objet phallique dans sa forme, c'est bel et bien Catherine Trammel qui « pénètre » les hommes. Elle les pénètre psychologiquement (elle est romancière et déconstruit les traits de la personnalité de chacun) mais également physiquement (ses ongles qui entament la peau du dos de Nick). Soufflant le chaud et le froid, le pic à glace sert autant à faire des glaçons qu'à égorger des hommes avides de sensations fortes. Cet objet du quotidien prend ici un aspect terrifiant que Stephen King n'aurait pas renié.

Dossier rédigé par David A., Nicolas Lemâle, Vincent Martini, Florent Kretz, Pitouwh, Gilles Botineau.