Par La Rédaction - publié le 30 avril 2008 à 16h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h36 - 0 commentaire(s)
SUPER-RESISTANT DANS PAPY FAIT DE LA RESISTANCE
« Pas de chichi, appelez-moi Super ! » Voilà comment se présente le personnage magnifiquement interprété par Martin Lamotte dans le film de Jean-Marie Poiré, Papy fait de la résistance. Il est avant tout Guy-Hubert Bourdelle, coiffeur aux manières efféminées ; on le croit même pétainiste par certaines de ses déclarations. Mais on découvre rapidement qu'il est en fait Super-Résistant. Son cri de guerre : « You want to know my name, you want to see my face, I'm the devil... » . Adapté d'une pièce de théâtre écrite par Christian Clavier et Martin Lamotte, ce chef d'oeuvre du cinéma populaire français dépeint un véritable héros des temps modernes : une double identité ignorée de tous (ou presque), un costume qui le rend méconnaissable (dans le style costume de carnaval), des gadgets à gogo (notamment un pistolet avec flèches ventouse), et un coéquipier de choc en la personne d'Enrique le nain ! Ensemble, ils complotent hardimment contre les nazis, dans ce film qui se moque, non pas des résistants, mais des films sur la Résistance. Les auteurs n'hésitent d'ailleurs pas à s'auto-parodier. Ainsi, lors du grand final, « en direct » d'un débat télévisé des Dossiers de l'Ecran, on apprend que Super-Résistant a réellement existé, sous le nom de « Sparadrap ». Ce qui vaudra au principal intéressé de rétorquer, en haussant les sourcils : « Sparadrap... Pourquoi pas Roudoudou Raplapla !! » . Cultissime ! Papy fait de la résistance est l'un des films les plus réussis de l'équipe du Splendid. Un classique indémodable, à voir et à revoir...



CAPTAIN AMERICA
Si il y a bien un super héros représentant l’Invincibilité et la justice chez DC, ça ne peut être que Superman. S’il devait y avoir une sorte d’alter ego chez Marvel ce serait sans aucun doute Captain America. Mais un alter ego poussé à l’extrême qui suivrait aveuglement ses règles de vie et de conduite pour défendre sans aucun pourparler la Liberté. Et là où l’Homme d’acier se pose toujours les bonnes questions et, par le fait qu’il ne soit pas humain de nature, tente toujours de comprendre et de réfléchir pour mieux humaniser ses réactions et décisions, le Captain, lui, n’a pas à douter : il ne représente rien, il n’incarne aucun symbole, il « est » tout simplement. Et c’est par l’intermédiaire de personnages aussi puissants physiquement que Steve Rogers, aussi affirmé et courageux que lui, que le public et le lecteur peuvent se laisser prendre au jeu de l’affection sans limite pour un héros qui malheureusement est trop souvent assimilé au pays dont il défend les valeurs originelles. Aussi, le Cap donnerait sa vie pour cette Liberté si sacrée (et ce dans des mesures poussées à des limites ridicules), cette valeur qui régit les Etats-Unis au point qu’ils soient capables de faire des choix annihilant toutes réelles notions de libres arbitres et de Liberté… Et il le ferait comme tous les soldats morts pendant la seconde guerre mondiale, partis lutter contre le nazisme et rétablir l’ordre. Car c’est justement pendant la guerre qu’est né le Cap. Puis il disparut et réapparut en fonction de la politique réelle du pays et des auteurs de ses aventures, ceux là s’en servant comme un pantin, Cap devenant ainsi l’archétype du fasciste en puissance et de l’américain détestable par la vison qu’il veut faire adopter au monde. Un personnage qui devient donc de plus en plus ambigu mais qui reste tellement jouissif puisque étant l’incarnation de la puissance absolue au service de principes, capable des folies les plus incroyables pour une broutille qui le dérange ou une parole bafouée. Car lorsque quelque chose contrarie Rogers, il n’est pas question de faire dans la dentelle : on saute d’avion sans parachute parce que l’on est pas une « lopette », on frappe avec le poing parce que l’ennemi a besoin qu’on lui rappelle que l’on est pas un lâche et on reste digne jusqu’au bout. Et cette virilité exacerbé, cette détermination sans pitié, cette colonne de muscles dévouée à une cause et que rien ne pourra faire plier ne peut pas ne pas être l’incarnation qu’aurait choisi le lecteur s’il avait pu s’imaginer lui-même : beau, fort, intelligent, courageux… L’ultime révélation, le couronnement de ce dernier spartiate est arrivé récemment : alors que l’on pensait le Cap définitivement au service des gouvernements qu’il sert (actuellement le gouvernement Bush), il s’opposa dans la série Civil War à la loi allant contre les libertés des super héros, jugeant que celle-ci, comme les dernières décisions politiques, allait à l’encontre des valeurs que devait incarner l’Amérique. Et en s’opposant à sa propre patrie, en affrontant ses amis (dont Iron Man définitivement corrompu et vil), en hurlant que ces détournements de valeurs par le gouvernement pour des fins économiques et colonialistes étaient définitivement honteux et se devaient d’être stoppés, il s’imposa comme le seul rempart à l’oppression, au fascisme sous tous ses visages et emporta radicalement la caution du lecteur… Et que fait-on des héros qui s’opposent au régime pour la Liberté ? On les assassine… Captain America n’est pas un héros mais le héros, passionné et martyr, incarnation absolue du rêve américain tel qu’il n’existera sans doute plus. En espérant qu’un jour il resplendisse à nouveau dans des conditions plus glorieuses et héroïques qu’un sacrifice pour une cause perdue d’avance…



Dossier rédigé par Romain Le Vern, Nicolas Houguet, PitouWH, Stanislas Bernard, David Brami, Damien Duvot, Gilles Botineau, Florent Kretz.
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