Dès demain à l'affiche de
A la recherche du bonheur, de Gabriele Muccino, Will Smith confirme qu'il est bien l'un des meilleurs acteurs américains actuels. Et toi, c'est quoi le film que tu préfères avec le prince de Bel Air ?
ROMAIN LE VERN : Six degrés de séparation, de Fred Shipisi.
Parce que Will Smith n’est pas qu’un
men in black : si, physiquement, il époustoufle dans
Ali, de Michael Mann, il illumine par son simple talent
Six degrés de séparation dans le rôle – original, audacieux, loin de son image publique – du faux fils érudit et mythomane de Sydney Poitier (le genre de rôle casse-gueule dans lequel on aimerait le voir plus souvent) qui crée une belle tornade émotionnelle chez un couple bourgeois englué dans les conventions sociales. Une œuvre étrange et racée, volubile et intelligente qui propose de chouettes réflexions sur l’imagination, les faux-semblants et la connerie de nos préjugés. Brillantissime, pas moins.
ARNAUD MANGIN : I Robot, d’Alex Proyas
Diantre ! Un coup d'œil à la filmo de Will Smith et on se rend vite compte que ses vrais bons films n'existent pour ainsi dire pas. Que le grand cric me croque, avec son vieux chapeau et son sourire niais, l'affiche de
Bagger Vance ne m'a jamais tenté ne serait-ce qu'une seconde, et pire encore, je n'ai jamais eu l'occasion de découvrir
Ali au bon endroit, au bon moment. Il ne me reste dans mon escarcelle que des gros produits hollywoodiens flirtant entre le passable et le mauvais. Finalement le seul surnageant au dessus du lot reste
I, Robot, parce que reposant entre de bonnes mains, et s'il demeure un film de SF particulièrement mineur, le métrage de Proyas s'impose comme un actioner d'une grande efficacité. Et tant pis si ça pullule le numérique à chaque coin de rue, on échappe de justesse à un semblant de Wicky Scratch. Rien que pour ça, le film mérite le détour…
LAURENT TITY : Six degrés de séparation, de Fred Shipisi.
Mon Will Smith préféré est sans conteste
Six degrés de séparation. Dans cette satire d'une pertinence rare sur la bourgeoisie américaine et les rapports emplis d'hypocrisie entre les différentes classes sociales et raciales. Will Smith y joue un imposteur dans ce qu'il a de plus virtuose puisque son escroquerie ne porte pas sur les biens matériels, mais sur quelque chose de beaucoup plus précieux, les relations humaines. Suivent deux autres films qui m'ont marqué :
La légende de Bagger Vance, d'une subtilité rare à Hollywood, et
Ali pour la qualité incroyable de l'interprétation. Will Smith ne joue pas Ali, il est Ali.