Par Nicolas Houguet - publié le 06 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 06 octobre 2009 à 16h03 - 0 commentaire(s)
La carrière d'Oliver Stone témoigne constamment du besoin de montrer une époque, celle des années 60 notamment (JFK, Nixon). Il montre des temps révélateurs, qui traumatisèrent et façonnèrent l’Amérique moderne jusqu'au 11 septembre. Il veut en pointer la mauvaise conscience. Mais il expose également son interprétation de l'histoire et des grandes figures qui le fascinent (The Doors, Alexandre, W. : l'improbable président).



The Doors
Dans The Doors, la figure de Jim Morrison n’est précisément pas celle du hippie typique. Elle en est la négation, le côté obscur, quelqu’un qui côtoyait les gouffres. On le verrait assez mal avec des fleurs dans les cheveux. Morrison est lié à la mort dans sa sombre légende. Il est l’homme qui simulait l’exécution d’un soldat sur scène. La mort était omniprésente dans les textes qu’il écrivait. On peut regretter que ce film demeure très à la surface et tombe dans le panneau des films biographiques, à savoir le recueil d’anecdotes un peu maniérées et ampoulées qui finalement amoindrissent le personnage. On a l’impression de voir « un mec bourré qui se prend pour un poète » (pour citer le personnage de Philip Seymour Hoffman dans Presque célèbre), plutôt que le symbole d’une mauvaise conscience américaine. On trouve là l’un des gros travers de Stone, sa complaisance pour l’ivresse, les orgies (pour accentuer le dionysiaque), la violence, le spectaculaire, l’imagerie un peu naïve du « sex drugs and rock n’roll ». Morrison aurait mérité bien davantage. Val Kilmer trouve pourtant là son rôle le plus marquant.



Et comme tous les films de Stone, même les moins réussis, la tentative est intéressante dans son ambiance décadente, même si elle est trop emphatique, appuyée et finalement un peu grossière. Ça arrive parfois à Stone, de manquer son but à force d’insister sur sa « thèse » et de transformer ses personnages en stéréotypes (Alexandre). Pourtant, ces « ratages » ne manquent ni de panache, ni d’intégrité artistique et valent bien des films.


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