Oliver Stone a pu aussi se consacrer à des films qui traitaient de faits de société qu’il voulait dénoncer, poussant sa grammaire cinématographique jusqu’à la frénésie ou même l’hystérie. Pour souligner une réalité en totale perte de contrôle, vampirisée et désaxée par les images de la télévision ou des médias qui la transforment en zapping géant. Une partie de son œuvre s’est donc orientée vers cette critique d’une réalité qui ne voit qu’à travers les médias, de
Talk Radio à
l'Enfer du Dimanche. On pourrait appeler ça sa troisième période tant ces films sont marqués stylistiquement. Pourtant, cette inspiration beaucoup plus proche de personnages en crise, annonçait déjà le personnage central que Stone a portraituré dans W. : L'improbable président, où il n'est pas seulement une figure historique mais où il a une jeunesse turbulente et quelques démons dont il doit se débarrasser. Cet autre versant de son oeuvre est également le plus contestataire, la plus audacieuse formellement. Un aspect de George W. Bush cristallise toute cette violence et cette folie que Stone a mis en scène. D'une certaine manière, il en est la conséquence.
Déjà en 1988,
Talk Radio montre à quel point la verve provocatrice d’un seul animateur radio peut pousser ses auditeurs jusqu’à leurs dernières extrémités, les mettre hors d’eux, les pousser vers la violence, l’hystérie et le mal, dont le concept est devenu flou. Mais la forme est encore classique et « sage ». Dans
Wall Street, l’ignoble personnage de
Michael Douglas est un modèle dans un monde qui ne vénère que la gloire et l’argent sans accorder d’importance à la manière dont on les gagne. Le personnage de
Charlie Sheen est celui qui prend conscience de cela et qui passe de l’attirance au dégoût pour ce monde sans morale. Mais là encore, le discours est virulent mais la forme classique.