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Oss 117 Rio : Interview Michel Hazanavicius [page 1]

Par Véronique Trouillet - publié le 15 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 15 octobre 2009 à 20h13 - 0 commentaire(s)
Le réalisateur et scénariste Michel Hazanavicius n’a pu résister à l’envie de créer de nouvelles aventures pour son espion OSS 117. Il a donc reconstitué son équipe gagnante, avec son co-scénariste Jean-François Halin et son acteur Jean Dujardin, et replongé Hubert Bonisseur de la Bath dans des situations toujours pleines d’originalité, de drôlerie et d’absurdité.

On dit toujours que c’est risqué de faire une suite. Pourquoi vous êtes-vous lancé dans un second OSS 117 ?
Michel Hazanavicius) C’est justement pour ça, parce qu’il y a tout à perdre. D’abord, le personnage appelle à de nouvelles aventures, comme James Bond, ce n’est donc pas une usurpation de faire une nouvelle aventure. Le personnage nous offrait déjà cette légitimité. Il y avait aussi une envie commune de la part du co-scénariste Jean-François Halin, de Jean Dujardin, de moi. On avait également le sentiment qu’il y avait de la place pour le faire, qu’on n’avait pas fait le tour du personnage, qu’on pouvait continuer. Après, le fait que ce soit super casse-gueule, moi j’aime bien. Quand j’ai dit à mes potes que je commençais à travailler dessus, ils m’ont dit : « Ouais, d’accord mais une suite, c’est toujours moins bien. » J’aime bien l’idée de partir d’entrée en me disant : « Ok, je vais leur montrer qu’ils avaient tort ». J’aime bien ce truc un peu revanchard. Il y a un problème qui est posé, donc il faut le résoudre. Effectivement, on aurait pu s’arrêter vu que le premier avait eu une très bonne presse et qu’il avait fait un joli score, on aurait pu s’arrêter là. Mais on avait envie d’y aller, on y a été.

Pourquoi situer l’histoire 12 ans après le premier épisode, à la fin des années 60. Pour mieux jouer avec toutes les références cinématographiques de l’époque ?MH) C’est en fait un tout. D’abord, ça permet de changer effectivement la cinématographie mais au départ ce n’est pas vraiment ça. Au départ, c’est quand même de se dire : « Bon, maintenant qu’on fait un n°2, qu’est-ce qu’on en fait ? Qu’est-ce qu’on prend ? Qu’est-ce qu’on garde du n°1 et qu’est-ce qu’on change ? » Si on fait ça 12 ans après, on peut garder le personnage, car, grosso modo, le personnage n’a pas trop changé, mais par contre le monde autour de lui a changé. Son rapport au monde est donc complètement différent. D’abord, il est devenu complètement ringard alors qu’il était très classe. Là, il est un peu à la rue sur tout. Ensuite, les gens lui répondent, ce qui n’était pas le cas dans le n°1. Dans le n°1, il était vraiment le mâle dominant, blanc, occidental, catholique, hétérosexuel. De fait, pour lui, tout le monde lui était inférieur. Et les gens n’osaient pas trop lui répondre parce que c’était les années 50. Là, c’est la fin des années 60 et tout le monde lui renvoie ça à la gueule. Du coup, il est mis en situation d’échec et tout ça est très nouveau pour lui. Ca nous permettait de faire un film très différent, avec des ressorts comiques autres, de changer complètement son rapport au monde mais tout en respectant le personnage que les gens viennent voir. Et parallèlement, situer l’action 12 ans plus tard, ça me permettait de changer la cinématographie du film, de ne pas faire un film qui soit la copie du premier.

Et pourtant vous garder les mêmes méchants, les nazis...
MH) Oui, parce que d’abord, c’est vraiment marrant les nazis dans les comédies. Moi, j’adore. Mais au-delà de ça, je me suis rendu compte, il n’y a pas si longtemps, que c’est bien d’avoir les nazis comme méchants parce que dans ce rapport purement binaire qu’on a tous, le héros, il peut être le pire qui soit, il sera toujours plus gentil que les nazis. Comme il est contre les nazis, il peut dire et faire ce qu’il veut, il reste quand même un gentil parce qu’il est contre les nazis, et ça c’est bien. Et puis on s’est dit qu’on n’allait pas faire le n°2, mais le n°8 directement. Et on a utilisé les vieilles recettes : c’est toujours les nazis les méchants, c’est toujours une fin de mission, ensuite il va voir son patron qui l’envoie dans un autre pays, il arrive à l’aéroport… Tout ce truc de vieilles recettes très James Bond s’est intégré dans l’idée de départ. D’où le fait que ce soit toujours les nazis les méchants.

Mais tout à coup débarquent des catcheurs mexicains...
MH) Oui. Des catcheurs mexicains. C’est bien. (rires) Ca fait une quinzaine d’années que j’adore les catcheurs mexicains, c’était l’occasion de faire mon coming out à ce sujet. Avec Jean-François Halin, on s’est retrouvé à un moment donné avec une version du scénario qui était cool, qui était bien, qui se déroulait bien mais où il manquait un peu, à mon sens, un truc complètement débile, un élément un peu hétéroclite qui n’a rien à faire là, un truc très pop. J’ai donc amené les catcheurs mexicains, j’en ai fait des sbires des méchants. Et puis j’aime bien. Ca fait une image un peu incongrue mais c’est pas mal, ça permet de faire du catch. C’est complètement débile mais j’avais un peu besoin de cette touche.
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