Ce mois-ci sortent sur nos écrans deux films très différents mais qui, cependant, possèdent la caractéristique d’avoir été réalisés par des auteurs australiens. Le premier,
Braquage à l’Anglaise de Roger Donaldson est un honnête thriller et le second
Solitaire marque le grand retour du réalisateur de
Wolf Creek. Deux œuvres aux antipodes l’une de l’autre mais animées par une réelle énergie bien souvent propre au cinéma australien. Au lieu de se pencher sur les best of du film de braquage ou des meilleurs films se déroulant dans le bush austral,
DVDrama vous propose de survoler brièvement le septième Art de ce pays d’Océanie.
A première vue, on serait tenté de penser que le cinéma australien n’existe pour ainsi dire pas, comparé à la multitude de productions sortant chaque année sur les continents américains et européens. Pourtant les productions du pays du kangourou existent depuis toujours puisqu' au début du vingtième siècle, quelques cinéastes s’essayaient aux joies du tournage à l’instar de leurs voisins mondiaux. Même si l’on est tenté de résumer la richesse filmique de ce beau pays à quelques titres prestigieux relativement récents, il faudra tout de même reconnaître qu’il aura fallu plusieurs générations de cinéastes australiens pour que l’on entende enfin parler de leur existence. Ainsi, c’est dès 1911 que l’Australie se lance véritablement dans la prise de vue puisque les deux pionniers du pays seront
W.J. Lincoln et
Raymond Longford, le premier passant les sept dernières années de sa vie à tourner énormément de courts métrages avec à son actif plus d’une vingtaine de mini-films et dont le premier se nomme
It is never too late to Mend. Le second,
Longford, passera l’obstacle du court-métrage et deviendra le premier réalisateur de long de l’histoire australienne. Après les courts s’apparentant souvent à des comédies romantiques ou de mœurs, le metteur en scène passe le cap en s’attaquant à des reconstitutions comme celle de la célèbre mutinerie du Bounty en 1916 n’hésitant pas à varier les genres en étant le plus éclectique possible :
The Church and the Woman en 1917,
Ginger Mick en 1920,
Australia Calls en 1923,
Fisher’s Ghost l’année d’après et clôturant sa longue filmographie en 1934 avec
The Man They Could Not Hang. L’artiste est tout à la fois, réalisateur, scénariste, producteur et même acteur, cette caractéristique de sa carrière continuant après son dernier film en tant que responsable dans des petits bijoux comme
Wings of Destiny ou
Racing Luck en 1940.
Durant les trente décennies suivantes des artistes vont postuler aux rangs de cinéastes, les productions étant relativement rares et pauvres.
Charles Chauvel se lance dans les films de guerre aux élans patriotiques avec des œuvres telles que
The Rats of Tobruk en 1944 dans lesquelles il réutilise des images qu’il a tourné au front mêlant ainsi la fiction à la réalité. Il terminera sa carrière avec un téléfilm
Australian Walkabout en 1959 sur lequel il ajoutait à son arc la corde de monteur tandis que
Ed Devereaux entamait la sienne, connue pour être la plus prolifique d’Australie : de 1955 avec
Little Red Monkey à 1998 avec la mise en boite d’un épisode d’
Absolutely Fabulous, il ne cessera de tourner, touchant à tous les genres aussi bien sur grand écran (
Les révoltés de Venus en 1963,
Bless this House en 1972 et tant d’autres...) qu’à la télévision (
Skippy le kangourou). Enfin,
Alfred J. Goulding fait parti des pionniers mais aussi des premiers à avoir quitté le pays pour répondre aux sirènes hollywoodiennes. Ayant commencé en 1917 avec une série de courts métrages dramatiques ou humoristiques (
By the Sad Sea Waves,
Bliss,
All Board ou encore
Bashful…), il offrit aux spectateurs australiens une quantité incroyable de métrages réalisant à la pelle des courts et des longs allant même jusqu’à en mettre en scène une vingtaine par an. Échangeant les casquettes, il finit sa vie avec
Laffing Time en 1959 avant de mourir en 1972 à Hollywood où il résidait depuis quelques années.