1. >
  2. >
  3. >
  4. >Park Chan-wook : Autopsie Du Cyborg [page 1]

Park Chan-wook : Autopsie Du Cyborg [page 1]

Par - publié le 02 avril 2007 à 09h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h32 - 0 commentaire(s)
Après sa remarquable trilogie sur la vengeance, Park Chan-Wook renouvelle sa grammaire cinématographique avec Je suis un cyborg (I’m a cyborg but that’s ok) une histoire de fou romantique et originale. Du moins, en apparence. Le film était présenté au dernier festival du film asiatique à Deauville.



Dans la note d’intention qu’il donne dans le dossier de presse, Park Chan-Wook confesse avoir rangé au placard les intrigues Shakespeariennes sang-pour-sang noires pour plus de sérénité pastel en réalisant un film léger que sa fille et les autres demoiselles -damoiseaux de son âge pourront regarder sans heurts. Vu la complexité de l’intrigue qui pendant une heure emprunte beaucoup de sentiers disparates et introduit une pléthore de personnages, on ne peut que s’amuser d’une telle déclaration. Le contenu est par ailleurs très adulte malgré un style visuel travaillé avec une telle maniaquerie qu’il confine à l’écoeurement. D’ailleurs, comme dans tous les films du maestro sud-coréen, la densité de cette histoire de fou, fondée sur de multiples ramifications scénaristiques et diverses ruptures temporelles, encourage volontairement le spectateur à des visions répétées. Uniquement cependant si on est emballé par sa découverte. L’histoire est simple: internée, une jeune fille est persuadée d’être un cyborg et court un sérieux danger en ne mangeant rien. Un jeune homme devenu fou par la haine ordinaire que sa beauté a pu provoquer va tomber fou amoureux d’elle et tenter de la ramener vers le réel. Y arrivera-t-il ou pas ? Pas de retournements de situation outrancier, juste une déclaration d’amour à la vie, à la folie, à la mort presque ingénue: Park est devenu papa et s’est visiblement calmé. Sa folie résiderait-elle ailleurs? Peut-être.



Au commencement de Je suis un cyborg, il y a pourtant un phénomène de mode. En mettant un point final à sa trilogie sur la vengeance, Park Chan-Wook désirait s’entourer d’un casting plus jeune et en sachant cela, Rain, star nationale inconnue sur notre territoire et fan de son travail, l’a contacté. Au départ rétif, Park Chan-Wook a trouvé le choix de l’acteur judicieux pour ce qu’il incarne auprès d’une certaine jeunesse sud-coréenne. Pour PCW, c’en est l’archétype. Le réalisateur a d’ailleurs pensé à lui dès l’écriture du script. Une fois achevé, Park lui a parlé du projet en lui demandant des conseils au sujet de l’actrice capable d’interpréter le personnage principal féminin mi-femme mi-cyborg. Rain lui a conseillé l’actrice Su-jeong Lim en laquelle il croit et qu’il a d’ailleurs soutenu lors du casting des Deux Sœurs (Kim Ji-woon). En débutant Je suis un Cyborg, Park Chan-Wook était plus dans un état d’inquiétude que d’excitation, craignant les réactions hostiles comme celles, dit-il, qu’a reçues David Lynch au moment où il a choisi de réaliser Une histoire vraie. Pour lui, Je suis un Cyborg est un moyen de rompre avec les trajectoires trop tracées: «On m’a toujours considéré comme un réalisateur capable de réaliser des fictions sombres et violentes. Ce nouveau film peut être vu comme l’opportunité de brouiller cette image. Mais en réalité la distinction est moins explicite : chacune de mes œuvres possède sa propre identité. J’expérimente à chaque fois comme s’il s’agissait d’un nouveau départ mais j’ai toujours du mal à revoir mes films. De manière générale, je déteste la répétition. Peut-être est-ce dû au fait que j’ai une vie monotone, alors j’ai besoin de faire ces expériences»


Vos réactions


logAudience