Par - publié le 14 janvier 2009 à 04h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 21h10 - 0 commentaire(s)
Patrice Leconte, un des cinéastes les plus prolifiques et les plus talentueux de sa génération, n'a pourtant pas toujours été épargné par la critique. Mais à la faveur de quelques films aujourd'hui devenus cultes, le réalisateur a toujours eu derrière lui un public acquis à sa cause. La filmographie du bonhomme parle d'elle même. Classe pas classe...



LES BRONZES : Class(ique)
Librement adapté par Patrice Leconte et l'équipe du Splendid de leurs pièce à succès interprétée par les mêmes acteurs, Amours, coquillages et crustacés, Les Bronzés est devenu en un éclair la comédie de référence pour toute une génération. Les comédiens reprennent leurs rôles respectifs qu'ils connaissent presque mieux qu'eux même pour avoir enfilés leurs costumes pendant plusieurs mois sur scène. Ils offrent des personnages désormais entrés au Panthéon de la comédie. Qui ne se rappelle pas de Jean-Claude Dusse de Paris (Michel Blanc) en dragueur au physique ingrat ou encore de Popeye (Thierry Lhermitte) en G.O séducteur qui n'a pour lui que son physique. Tous ces personnages, malgré leur coté stéréotypé voire caricatural, feront de ce film un classique libérant la comédie populaire d’alors pour le faire entrer de plain pied dans le ton décomplexé et ironique des années 70.

LES BRONZES FONT DU SKI : « Cultement » Classe
Succès du premier Les Bronzés aidant, Leconte et l’équipe du Splendid se retrouvent un an plus tard pour cette fameuse suite qui vieillit finalement mieux que le premier volet. Parce que mieux portée par un scénario quittant l’aspect succession de sketches des Bronzés pour mieux raconter la chronique d’affreux jojos. Plus méchant envers les travers des français moyens, cette suite entérine clairement le Splendid comme les tenanciers d’un humour nouveau pour la comédie française : plus vachard, plus à froid, jusqu’à habiller pour l’hiver cette galeries de personnages assez proche d’une certaine comédie italienne, le désespoir en moins.



LES BRONZES 3, AMIS POUR LA VIE : Honteusement pas classe
27 ans plus tard, la troupe du Splendid se reforme à l’écran. Pour remettre le couvert avec un troisième Bronzés. Où l’on peut dire que cette fois-ci toute l’équipe, Leconte compris, se sont mis en mode repos. Scénario oubliant que près de trois décennies se sont passées, mise en scène se limitant à des champs/contrechamps et quelques prises de vue en hélicoptère, les Bronzés 3 porte la trace du maillot sur un corps de comédie grassouillet. Les affreux jojos se sont transformés en beauf ordinaires plus déprimants que drôles. Surtout lors d’une dernière partie sentant une vision du monde des plus faisandées. Ce troisième opus sentant surtout la préoccupation financière, puisqu’il n’est plus question pour les personnages de réussir leur vie sentimentale mais d’exhiber leur réussite sociale. Amis pour la vie ? Tu parles, c’est malheureux à dire, mais sur ce coup, les fans des Bronzés ont de quoi se sentir trahis par un film aux airs de promesses de campagne électorale, forcément non tenues. A presque en souhaiter que l’équipe, visiblement venue encaisser de quoi avoir droit à un bouclier fiscal, en reste là et ne rempile pas pour un Bronzés 4, histoire d’éviter de rendre malaisant et réellement pathétiques des personnages qui mériteraient avec ce troisième opus mercantile un gros coup de pied au culte.


Vos réactions


logAudience