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Classe Pas Classe Patrick Bruel : De 1978 à 1989

Par Gilles BOTINEAU - publié le 27 avril 2010 à 00h01 ,
MAJ le 27 avril 2010 à 17h22 - 0 commentaire(s)
  • A l'affiche cette semaine du nouveau film d'Alexandre Arcady, Comme les cinq doigts de la main, Patrick Bruel est déjà à la tête d'une très belle carrière de comédien. L'occasion de faire un point sur son parcours cinématographique.


  • Le Coup de Sirocco - Classe débutante
  • Pur hasard, Le coup de Sirocco apparaît comme le premier long métrage du cinéaste Alexandre Arcady, mais aussi du jeune comédien Patrick Bruel. Largement autobiographique, le film raconte l'arrivée de la famille Narboni en France, après avoir quitté l'Algérie suite aux événements de 1954. Un film tendre et émouvant, réunissant ni plus ni moins que Roger Hanin, Marthe Villalonga, Michel Auclair, Marie-Anne Chazel et Gérard Jugnot. Une belle réussite.

  • Ma femme s'appelle reviens - Petite classe
    Patrice Leconte est un cinéaste complet. Il a mis en scène des comédies (Les bronzés, Les grands ducs...), des drames (Tandem, La veuve de Saint-Pierre...), des navets (Les vécés étaient fermés de l'intérieur), des classiques (Ridicule, Monsieur Hire) et quelques films insignifiants mais dont il se dégage toujours une certaine sympathie. Parmi eux, Ma femme s'appelle reviens. Amusante, l'oeuvre se laisse principalement voir et revoir grâce au talent de ses acteurs principaux, Anémone et Michel Blanc en tête. Bruel y interprête un rôle secondaire, sans la moindre importance, mais néanmoins formateur pour la suite de sa carrière.

 

  • Les Diplômés du dernier rang - Pas classe du tout
    Certaines modes demeureront à jamais incompréhensibles. En France, dans les années 70/80, on pense par exemple aux films de bidasses mais aussi à ces nombreux longs métrages mettant en scène des jeunes, généralement cancres et dragueurs invétérés. Les Sous-Doués, Deux Branchés à Saint-Tropez et Marche pas sur mes lacets ont semble-t'il fait des émules, puisqu'en 1982 Christian Gion se lance lui aussi dans pareille aventure, celle des Diplômés du dernier rang. L'histoire se concentre autour d'un groupe d'étudiants s'exerçant à l'art de ne rien faire. Tout un "programme". Michel Galabru paye ses impôts, Marie Laforêt s'est trompée de plateau et Patrick Bruel commence à user de son charme. A oublier.

  • Le grand carnaval - Classe confirmée
    On ne change pas une équipe qui gagne. Cinq ans après Le coup de Sirocco, Alexandre Arcady fait de nouveau appel à ses camarades Roger Hanin, Marthe Villalonga et Patrick Bruel pour un second projet, plus ambitieux encore. A leur côtés, viennent s'ajouter Philippe Noiret, Richard Berry, Jean-Pierre Bacri et Gérard Darmon (Le Grand Pardon est passé par là). Novembre 1942. Les troupes américaines débarquent à Tadjira, petite ville d'Algérie. La population, composée de pieds-noirs et d'Algérien, va devoir adapter ses coutumes avec celles des nouveaux arrivants... Ce n'est certainement pas le meilleur film d'Arcady (beaucoup trop de longueurs, une intrigue éparpillée...) mais la qualité reste de mise.

  • La maison assassinée de Georges Lautner

  • La Tête dans le sac - Classe décontracte
    Dessinateur réputé, Gérard Lauzier connut également une très belle carrière au cinéma (Mon père ce héros, Le plus beau métier du monde...). En 1984, il signa cette comédie en apparence anodine mais beaucoup plus profonde et surtout divertissante qu'il n'y paraît. Guy Marchand en est le comédien principal, interprétant avec une certaine truculence le personnage de Romain. Trois fois divorcé, celui-ci se console finalement avec une autre version de la réussite (l'argent), et ce, jusqu'au jour où il croise le chemin de la très belle Eva. Dans la peau d'un jeune publicitaire empli d'arrogance, Patrick Bruel n'accomplit aucune prouesse mais forme tout de même avec Guy Marchand un duo particulièrement efficace.

  • Marche à l'ombre - Très classe
    Patrick Bruel n'intervient dans ce film que très brièvement (guitariste dans un métro). Mais quelle chance pour lui d'avoir pu participer à un tel classique de la comédie française ! Ecrit et dirigé de mains de maitre par un Michel Blanc décidément très inspiré, ce film vaut surtout pour le talent de ses comédiens principaux et ses situations on ne peut plus cocasses. Mention spéciale au trip de Michel Blanc, alias Denis, après avoir fumé d'étranges substances...

  • P.R.O.F.S. - Classe hors norme
    Une fois n'est pas coutume, après être resté très longtemps du côté étudiants, le cinéma français se penche enfin au milieu des années 80 sur le corps enseignant. Patrick Bruel passe donc de l'autre côté de la barrière (on se souvient de sa "performance" dans Les Diplômés du dernier rang) et campe un prof hautement convaincant, sorte de John Keating (Robin Williams dans Le Cercle des Poètes disparus) avant l'heure. Face à lui, on retrouve Fabrice Luchini, Laurent Gamelon, Guy Montagné et Isabelle Mergault. Extrêmement caricatural, on rit donc de bon coeur. Le metteur en scène Patrick Schulmann nous a décidément quitté trop tôt.

  • Attention Bandits - Classe
    Receleur de son état, Simon Vérini se voit confier, par un jeune truand surnommé "Mozart", le butin d'un hold-up chez Cartier. Mais la transaction tourne mal : sa femme est tuée sous ses yeux et il est accusé du vol. Simon se retrouve en prison pour 10 ans, après avoir toutefois eu le temps de confier sa fille, Marie-Sophie, à un collège suisse. Lorsqu'il sort, il n'a qu'une idée en tête : se venger... En 1987, Claude Lelouch réalise ce polar avec une folie et un sens de la mise en scène qui lui sont définitivement propres. Les inconditionnels aiment. Les autres, beaucoup moins. Précisons toutefois que ce film, bien que méconnu, demeure parmi les plus grandes réussites de Lelouch. A sa tête, Jean Yanne, Marie-Sophie L. et bien sûr Patrick Bruel, usant une fois de plus de son charme légendaire pour arriver à ses fins.

L'union sacrée de Alexandre Arcady

  • La Maison Assassinée - Classe

On peut dire ce que l'on veut. La carrière de Patrick Bruel au cinéma ne manque vraiment pas de classe. Certes, tous les films ne sont pas au même niveau. Mais l'acteur aura tout de même eu la chance d'être dirigé par les plus grands, parmi lesquels Alexandre Arcady, Claude Lelouch, Patrice Leconte, Michel Blanc, Francis Veber, Claude Chabrol ou bien encore Georges Lautner. Metteur en scène généralement réputé pour ses longs métrages populaires (Les tontons flingueurs, Les Barbouzes, Ne nous fachons pas, Pas de problème, Le professionnel, etc...), il nous réserve finalement ici une histoire beaucoup plus dure et glaciale qu'à l'accutumée. La Maison assassinée s'intéresse en effet de près à l'existence de Séraphin, jeune militaire qui, à son retour de la guerre de 14, apprend que sa famille a été égorgée. Après avoir retrouvé des documents qui lui indiquent les coupables, il décide de se venger. Mais les présumés assassins meurent avant même qu'il ne puisse accomplir quoi que ce soit. Patrick Bruel trouve là un rôle magnifique qu'il incarne à la perfection. 
 

  • Force Majeure - Classe psychologique
    Pierre Jolivet dirigeant Patrick Bruel et François Cluzet... Voilà ce qui s'appelle une très belle affiche. Quant au sujet, il se révèle à la hauteur de ses ambitions, évoquant bon nombre de questions sur la condition humaine et ses différents rapports. A noter également la participation de Kirstin Scott-Thomas, encore peu connue sur le territoire français. Un film qui mérite d'être redécouvert. 

  • L'union sacrée - Class(ique)

Deux flics, l'un arabe, l'autre juif, sont contraints d'unir leur compétence dans une enquête censée les amener à démanteler un trafic de drogue. On était en droit d'attendre un peu plus de cette énième collaboration entre Alexandre Arcady et Patrick Bruel. Ici, tout n'est que facilité. L'intrigue, la morale... Même les acteurs se contentent du strict minimum. Malgré tout, le film n'est pas mauvais en soi. Inutile, simplement. Et le Temps aura eu raison de lui...



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