Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 24 mai 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h39 - 0 commentaire(s)
Premier film de Marjane Satrapi aux côtés de Vincent Paronnaud, Persépolis adapte les quatre tomes de la bande dessinée éponyme. Le métrage qui en ressort en plus d’être très attendu, promet d’être l’une des belles surprises de la Sélection Officielle de ce soixantième Festival de Cannes. En effet, s’il a déjà fort à faire avec les autres élus aux côtés desquels il concoure, il est le seul film d’animation en compétition tout en revendiquant une esthétique aussi recherchée que tranchée. De surcroît, Persépolis semble en sus répondre comme toutes les adaptations fidèles, à l’attente des passionnés, à l’impatience des fervents de l’œuvre originelle, qui sont autant d’authentiques amoureux que de vigoureux défenseurs.


Persépolis, Persépolis… Ce nom circule donc, intrigue et ne cesse de faire parler. Cette impression est d’ailleurs considérablement amplifiée par l’aura même du Festival. Mais avant de parvenir à toute considération filmique, il faut ici faire un parallèle osé, celui de sa parenté initiale avec le septième des arts. En effet, le titre d’emblée surprend l’impétrant et à ses seules consonances semble s’amuser à évoquer la mémoire du grand cinéma. Ainsi en l’occurrence à l’aune de telles sonorités, tout paraît nous renvoyer à l’image, à la représentation du monde et de la ville, comme aux temps les plus fameux des muets et de Metropolis. Telle approche est donc particulièrement opportune puisque le titre en question, tel une incantation, ne peut que nous renvoyer en retour à ce véritable phénomène éditorial du neuvième des arts, lui qui a fait s’arracher à des centaines de milliers d’exemplaires, la vie croquée de son auteur, Marjane Satrapi.

L’occasion est donc idéale avec une telle actualité de revenir sur la personnalité de cette jeune auteur de bande dessinée et désormais cinéaste.

Marjane Satrapi, Une femme d’images

Sur les rives de la Mer Caspienne qui l’accueille, Marjane Satrapi naît dans la région ensoleillée de Guilan en Iran. Nous sommes le 22 novembre 1969 dans la cité de Rasht. Et ce sera au sein d’une famille iranienne moderne, ouverte et progressiste que l’enfance de cette dernière va se dérouler. Le Téhéran des années 1970 et l’Iran finissante du Shah Mohammad Reza Pahlavi seront donc le quotidien des premières années de la jeune Marjane.


Mais bientôt autour d’elle, tout ne sera plus que tumulte et courage, espoir et rébellion. Les libertés sont contestées. Le pouvoir, une monarchie constitutionnelle autoritaire, déçoit, opprime, laissant l’espoir du lendemain à un prosélytisme religieux et extrême qui ne tardera pas à l’emporter, en scandant et réclamant au nom de l’islam, la naissance d’une République islamique, perdue entre radicalité et rigorisme. 1979. Le temps étant venu pour La Révolution Islamique de son leader l’Ayatollah Khomeiny, l’Iran change donc profondément de visage. Puis c’est tour de la guerre avec le puissant et non moins dévastateur voisin irakien de s’inviter durant trop longtemps.


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