Parce que régulièrement, l'envie de sauvagement tuer son prochain nous submerge - et aussi parce que le film Accident sort mercredi - Excessif vous invite à parcourir un panorama des crimes sur grand écran. L'occasion, entre autres, de réviser ses classiques.
Si demain vous deviez tuer quelqu'un, comment vous y prendriez-vous ? Certainement pas en le massacrant à grands coups de hache ou en le transperçant avec une perceuse sans fil.
Non, le meilleur moyen est encore de camoufler tout ça pour rester blanc comme neige. Ou presque.
Lorsqu'il met au point un plan diabolique pour faire assassiner sa femme infidèle dans Le crime était presque parfait, Tony Wendice avait tout prévu. Un alibi, un inconnu, un double des clés, et pourtant, rien ne se passe comme prévu. Une simple clé et une paire de ciseaux auront raison de son plan théoriquement impeccable. Lointain descendant du film d'Hitchcock, le Calculs meurtriers de Barbet Schroeder emprunte la même thématique. Celle de la possibilité d'un crime pensé jusque dans ses moindres détails. Mais là encore, rien n'est parfait, et certainement pas l'esprit humain.
Et ce n'est pas le Jeff de Fenêtre sur cour qui dira le contraire. Les circonstances l'obligeant à rester cloué dans un fauteuil, sa curiosité le poussera à observer la vie de ses voisins, dont un particulièrement tordu qui a tué sa femme sans penser que quelqu'un l'espionnait depuis l'autre côté de la cour.

Mais ne désespérez pas, vous pouvez vous en sortir si la chance est de votre côté. C'est ce qu'a compris Woody Allen avec son Match Point. L'histoire de Chris Wilton, un jeune homme ambitieux et indécis qui, face au choix ultime - la passion abstraite ou la sécurité matérielle ? - choisira la voie du crime. Eliminer définitivement une des options pour ne plus avoir à choisir. Un fusil de chasse « emprunté » au beau-père, la connaissance de l'emploi du temps de la victime, un contretemps éliminé, et surtout, une bague. Là encore, c'est un élément minuscule qui décidera du sort du personnage. La clé et les ciseaux ont joué contre Tony Wendice ; le bijou volé sera ici l'ultime preuve de l'innocence présumée de Chris. Mais là encore, les séquelles psychologiques sont si violentes que vous vous demanderez si, finalement, la prison n'était pas une option préférable...

Le mieux pour s'en sortir pleinement avec le sourire aux lèvres est encore de s'entourer de personnes encore plus pourries que vous. Surtout si vous êtes un être exceptionnellement intelligent mené par une soif de vengeance. Regardez la Suzie Toller de Sexcrimes. En apparence, une vulgaire gamine sortie des marécages. Ce sera pourtant elle qui triomphera d'un flic pourri, d'un professeur obsédé et d'une gosse de riche. En jouant sur tous les tableaux - les vices, l'argent, le sexe, le mensonge, la vérité - elle ressort gagnante à tous les niveaux.
Comme quoi parfois, le crime paye. Bien.


