Par Mathilde Durieux - publié le 24 novembre 2007 à 01h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h35 - 0 commentaire(s)
Wong Kar-Wai est né à Shanghai en 1958. Alors qu’il a cinq ans, sa famille émigre à Hong-Kong, ville qui va devenir celle du futur cinéaste, le point d’ancrage de son cinéma à venir. Cette expérience originelle du déracinement sera en outre plus tard un motif commun à plusieurs films du cinéaste, particulièrement Nos années sauvages, Happy Together, ou encore 2046. Très tôt, la mère de Wong Kar-Wai entraîne son fils dans les salles de cinéma de Hong Kong, qui projettent des films en mandarin. À partir de 1982, Wong Kar-Wai travaille comme scénariste sur plus d’une dizaine de films de genre, essentiellement des films de gangster et des comédies, quelques films d’horreur et romances à l’eau de rose. Final Victory, de Patrick Tam, est le dernier film auquel il collabore en tant que scénariste, avant de tourner son premier film, As Tears Go By (Wong gok ka moon) en 1988.


La longue expérience de Wong Kar-Wai comme scénariste indique de façon assez évidente l’importance que revêt la narration pour le cinéaste. Réalisateur plus adepte de l’improvisation et des changements brusques de direction du récit, même à la dernière minute, Wong Kar-Wai n’en demeure pas moins très attaché à interroger la capacité du cinéma à jouer avec les infinies possibilités de narration. C’est probablement ce qui constitue l’un des motifs et intérêts les plus évidents de sa filmographie. Celle-ci se caractérise par une cohérence assez frappante, des œuvres sans doute impossibles à étudier de façon indépendante, tant chacune d’elle n’est finalement qu’une nouvelle variation sur le même thème : la partition que dessine Wong Kar-Wai au fil du temps. Profond mélomane, le cinéaste compose ainsi depuis le début de sa carrière des morceaux dont la mélodie dessine, avec le temps, un tableau chaque fois plus riche et plus complet.


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