Par Mathilde Durieux - publié le 24 novembre 2007 à 01h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h35 - 0 commentaire(s)
Enfin, il apparaît nécessaire d’apporter quelques précisions quant au style à proprement parler de la mise en scène de Wong Kar-Wai.

C’est probablement ce qui, avec notamment In the Mood for Love, a le plus retenu l’attention du public, au-delà du cercle des admirateurs cinéphiles.


Dès ses débuts au début des années 1990, Wong Kar-Wai est connu comme un réalisateur surdoué, capable d’audaces visuelles autant, sinon plus encore, remarquables que celles des réalisateurs de la Nouvelle Vague française. À partir de Nos Années Sauvages, le réalisateur travaille en collaboration avec Christopher Doyle, d’origine australienne, qui va néanmoins disparaître peu à peu de l’équipe de Wong Kar-Wai à partir d’In the Mood for Love, jusqu’à s’absenter du générique de My Blueberry Nights (il participe alors au tournage de Paranoïd Park). Et, à partir de As Tears Go By, c’est son directeur artistique William Chang qu’il s’approprie, devenu également monteur de la plupart de ses films. Une caméra extrêmement mobile, le recours fréquent aux ralentis et accélérés, l’utilisation de filtres, créent un monde aux couleurs du réalisateur en quelque sorte, un univers hétérogène de par la diversité des éléments stylistiques qu’il introduit qui, bien qu’étant d’abord profondément personnel, s’est trouvé par la suite fréquemment copié.

La musique elle aussi participe de la création de cet univers tout à fait personnel : relevant souvent d’une forme de collage virtuose, qui n’est pas sans rappeler d’ailleurs celui qu’effectue Gus Van Sant dans son cinéma, elle multiplie les ambiances différentes, entre airs latins, rock, opéra, tango, et chansons traditionnelles chinoises. Wong Kar-Wai est connu pour la réutilisation qu’il réalise de morceaux ou de chansons préexistants : comme les images et les récits, il s’approprie des mélodies, les réinvente, leur redonne vie.


Pour autant, assagi par le temps et l’expérience, le cinéma de Wong Kar-Wai semble évoluer vers davantage de lenteur dans les mouvements de la caméra, de sagesse dans le cadrage, de tournage en studio, sans doute plus proche de sa mélancolie propre, de sa poétique. La virtuosité des premiers films, ou du début de My Blueberry Nights, semble avoir cédé le pas à des œuvres plus cérémonieuses et majestueuses. Plus mûres, en un mot.
Vos réactions


logAudience