Par Arnaud Mangin - publié le 07 janvier 2005 à 05h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h13 - 0 commentaire(s)
Ni vraiment acteurs, ni véritables stars non plus, Jean-Claude Van Damme et Steven Seagal furent néanmoins en leur temps les valeurs sures d'un cinéma d'action bis destiné avant tout aux férus de grosses castagnes et scénarios épurés de toute réflexion. Si le spectateur lambda amateur d'interprétations soignées n'y trouvera jamais son compte, puisque les bonhommes sont des adeptes d'arts martiaux avant tout, un certain culte leur est toutefois voué par les jeunes amateurs d'humour involontaire. En effet, si l'action pure n'est pas toujours au rendez vous comme on le souhaiterait, bon nombre de ces nanars, sortant pour la plupart tous en direct-to-vidéo, n'en reste pas moins d'excellentes comédies. Des chemins parallèles qui finissent aujourd'hui par se croiser avec la sortie de Point d'impact en DVD chez nous, soit presque dix ans après la sortie de Piège à grande vitesse sur nos écran, deux films mettant en scène nos deux têtes brûlées à bord de trains détournés par des terroristes, deux ovnis qu'il est amusant de comparer.


POINT D'IMPACT avec Jean-Claude Van Damme

  • Le pitch de départ:
    Point d'impact: 6/10
    Jacques Kristoff (histoire de crédibiliser la présence d'un francophone dans les pays de l'est) est un agent secret chargé de protéger une cambrioleuse travaillant pour le gouvernement et porteuse d'un virus mortel. Il escorte cette dernière à bord train et tente de dissimuler sa présence à un groupe de tueurs bien décidés à récupérer l'arme bactériologique coûte que coûte. Si cette idée de départ a tout pour plaire concernant une production de ce genre, le concept de la protection d'une victime invisible pour ses agresseurs à bord d'un train fut déjà utilisé quelques années auparavant par Peter Hyams dans l'excellent Le seul témoin avec Gene Hackman (à quand une sortie DVD?). Une comparaison qui n'ira pas plus loin puisque le postulat ne cesse de tourner au grotesque (pourquoi prendre tout un train en otage pour retrouver une femme dont tout le monde se fout?) cumulant grossièrement des clichés et pirouettes que l'on croyait disparues à jamais dans ce genre de production.
    Piège à grande vitesse:6/10
    Un informaticien mégalomane prend possession du Grand Continental au cœur duquel son commando et lui-même ont installé un équipement de contrôle satellite dernier cri. Son objectif: prendre le contrôle de Grazer-one, arme à fragmentation sismique appartenant au gouvernement et menace ce dernier de faire sauter Washington s'il ne reçoit pas la somme d'un milliard de dollars dans les deux heures qui suivent. Installée à bord d'un train en mouvement, la position de sa base de fortune est indétectable pour quiconque. Toutefois pas de bol pour ce dernier, Casez Ryback le charcutier de service est à bord pour se réconcilier avec sa nièce. Surfant sur la mode des Die hard-like ayant fait des ravages dans les années 90, la suite de Piège en haute mer trouve non seulement le moyen d'être divertissant de bout en bout, mais arrive en plus à garder une certaine cohérence.


    PIEGE A GRANDE VITESSE avec Steven Seagal

  • La réalisation
    Point d'impact: 2/10
    Espérons que le singe ayant tenu le rôle de monteur n'ajoutera pas Point d'impact à son CV s'il veut garder une once de crédibilité pour la suite de sa carrière, puisque de mémoire visuelle c'est la plus impitoyable bouillie qui nous ai jamais été offerte sur un écran. Des plans séquences charcutés en leur milieu, un aspect MTV pour des passages qui ne le nécessitent pas, des scène de trois secondes contenant pas moins de quatorze plans issus d'endroits divers sont autant de morceaux de mauvais goût qui ne sont néanmoins rien face à la pire scène de combat de toute l'histoire du cinéma: Deux bastons simultanées a quelques centimètres l'une de l'autre dans le même wagon mais suggérées dans un split screen des plus immondes qui réussi alors l'exploit d'offrir un peu plus de consistance aux scènes d'action de Catwoman. Un montage ultra speed qui n'accélérera pas d'une seconde un rythme à la mollesse soporifique et incroyablement chiant pour une durée de 80 minutes. Ceci dit le film mérite deux bons points pour la façon absolument barbare dont Kristoff se débarrasse du "grand" méchant.
    Piège à grande vitesse:8/10
    On pourra toujours casser du sucre sur le dos du pauvre Geoff Murphy qui, il est vrai, possède la désagréable faculté de bousiller les franchises avec des numéros 2 souvent pitoyables; mais dans le cas présent le bonhomme réussi a obtenir un petit tour de force pour un projet partant casse-gueule. Aucunement prétentieuse mais toujours efficace, la caméra ne possède QUE des plans nécessaires. Il est ainsi incroyable de voir à quel point la simplicité et la fluidité du montage arrive à masquer les constantes cascades doublées sans tomber dans le ringard et garder un rythme visuel et narratif impeccable durant toute la durée du film. Entre action, autodérision, humour (très) lourd et scénario facile, le spectacle trouve sa place dans un jouissif divertissement réussi. Poilade garantie !


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