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Popcorn Reborn : Teen Wolf [page 3]

Par Florent Kretz - publié le 11 avril 2008 à 05h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h12 - 0 commentaire(s)
Le pauvre Scott est donc bien gêné : entre sa nouvelle réputation ultra populaire qui déclenche les palpitations de culottes chez les donzelles n’ayant jamais eu l’occasion de toucher du poil, provoquant la jalousie des beaux gosses épilés et la rancoeur des has-been laissés pour compte, et ses propres problèmes d’ado ambiance « La vie c’est dur quoi merde ! », notre jeune héros ne sait plus quels sont les bons choix à faire et ne sait plus vraiment qui il est… Et ce n’est pas le méchant proviseur qui l’a dans le collimateur qui arrangera les choses bien au contraire. Il faut dire aussi que sa nouvelle renommée possède quelque chose de surprenant tant le gamin est ridicule au début du film, passant pour le nabot coincé tout juste bon à faire le coursier pour son papa tenant un magasin de bricolage. En effet, tandis que les premiers effets d’une future métamorphose s’annoncent (le jeune homme étant dérangé par un sifflet pour chien, découvrant quelques poils de vingtaines de centimètres sur son torse, ou ayant d’étranges hallucinations), il commence à remarquer un certain changement dans l’attitude des autres, de la bonasse nymphomane mais inabordable lui trouvant soudain quelque chose de changé au tenancier du Liquorshop acceptant de lui vendre de la bière alors qu’il n’est pas majeur… Etrange ! Et lors d’un de ces fameux matchs pitoyables de basket, sport qu’il affectionne particulièrement vu la tension réellement dramatique qui règne dans la première scène s’ouvrant sur un match particulièrement dévastateur dans lequel seuls les souffles et les battements de cœurs sont audibles, le pauvre garçon timide, bousculé par l’équipe adverse et recroquevillé se transformera définitivement sans même sans rendre compte devant les yeux terrifiés de l’ensemble de l’audience. La très grande scène du métrage ! Alors que tous sont pétrifiés, amis compris, Scott le velu commence à dribbler attendant une quelconque réaction des autres joueurs et après quelques instants d’attente se lance dans un jeu en solo marquant ainsi les premiers points de son équipe… Tout le monde reste sous la tension tandis que le Teen fait sa star sans public ! Et tandis que le spectateur du film se rend compte à quel point la scène était cool, les spectateurs du match dont le terrain est maintenant l’ère de jeu du monstre réalisent que cette créature super pilaire est ultra cool ! Tout le monde applaudit, la musique démarre, le Teen Wolf est né et on est parti pour une réputation qui ne fera que monter en flèche jusqu’au moment ou le personnage de J.Fox réalisera que parfois pour être respecté par les autres, il faut d’abord se respecter soi-même ! Ca valait le coup d’attendre !


La popularité nouvelle du jeune homme l’entraînera donc vers des territoires inconnus tels que la sexualité ou la gloire ! Tout d’abord grâce à sa pilosité qui se révélera être un excellent moyen de drague, la nouvelle coqueluche pourra à la fois faire définitivement craquer la meilleure amie, pas conne et pas très belle mais qu’on a pu revoir tout de même dans 21 Jump Street (contrairement à la bombe du lycée), et faire connaître une nuit de folie à la bimbo locale qui, elle, l’est (très belle et très conne). D’autre part, il deviendra une véritable star lors des matchs à tel point que ses camarades ne joueront même plus l’homme-bête se tapant des parties en solo ! Son nouveau brushing lui permettra aussi d’avoir d’excellentes notes et ne vous demandez pas pourquoi, je ne comprends toujours pas, après plusieurs visions du film, en quoi des poils peuvent changer l’intelligence… Toujours est-il que son A, il l’a et que ça lui fait drôlement plaisir ! Et ne parlons pas de son invitation en tant que guest velu dans la pièce de fin d’année… Bref tout va beaucoup mieux pour lui au point que Monsieur est appelé pour devenir la star lors de la soirée de promo et qu’une mascotte est même fabriquée à son effigie… Un dilemme se pose alors : tandis que la bimbo a eu ce qu’elle cherchait et lui avoue ne plus attendre grand-chose de lui si ce n’est une petite soirée coquine par-ci par-là, Boof lui propose de sortir avec lui à condition qu’il redevienne l’ancien Scott… Suspense… Rassurez-vous : Scott réagira comme il se doit en lui faisant très clairement comprendre que « pourquoi il faudrait qu’il soit comme les autres, quoi, merde ! »… Pour cette raison assez juste et aussi parce qu’il sait que le boudin sera toujours là pour lui, il se préparera pour la soirée en écoutant les Bee Gees et en imitant Tony Manero devant sa glace, chaîne en or et chemise pelle-à-tarte comprises, avant de faire une entrée fracassante dans la salle se lançant dans une danse rappelant gentiment les pas de Jackson dans le clip de John Landis « Thriller » que l’ensemble des élèves reprendront à leurs tours… La classe quoi ! Et tandis que pendant quelques instants, il mettra ses poils de côté (il a la faculté de se changer au moment où il le souhaite) pour un slow avec Boof, il se fera attaquer par son rival de toujours ce qui réveillera en lui des instincts animal qui feront peur à tout le monde et même à lui !


Pour cette raison, le fait qu’être une bête signifie avoir aussi de bas instincts, et parce que son papa, lui aussi loup-garou occasionnel, lui a dit que ce n’était pas bien de se la péter, Scott décidera de participer au dernier match, ultra décisif pour son école, en tant qu’humain et non Lycan… Va-t-il réussir à offrir les points qui séparent son équipe de la victoire ? Va-t-il se considérer pour ce qu’il est et non pour ce qu’attendent de lui les autres ? Ne voulant pas vous gâcher la tension incroyable de cette scène, je ne peux que vous conseiller de retrouver votre VHS, de vous dégoter le DVD Z2, voire mieux, de vous procurer le « Double feature Z1 » dans lequel on retrouve Teen Wolf associé assez logiquement à sa suite Teen Wolf Too, opus amusant mais beaucoup plus proche du nanar que de la série B et dont le rôle principal est confié à Jason Bateman qui joue ici le cousin de Scott lui aussi frappé par la malédiction familiale, Bateman, acteur malheureusement affilié au petit écran mais commençant à apparaître plus sérieusement ces derniers temps entre ses rôles dans le Royaume de Peter Berg ou Juno de Jason Reitman. Teen Wolf est donc ce genre de film, nul dans le fond, pas terrible dans la forme, mais qui mise quasiment tout sur la sympathie de sa star et sur le fun de sa trame et qui finalement s’en sort avec les honneurs. Pas la peine de chercher bien loin, on ne peut qu’adhérer pleinement ou radicalement rejeter ce genre de film qui semble ne jamais avoir réellement eu sa place, si ce n’est en tant que trophée sur vos étagères, ce qui finalement est la place la plus convoitée ! Ce film s’est retrouvé sur les miennes par sa décontraction et son côté vraiment décalé, sa bande son cent pour cent 80’s qui regroupe des tubes de James House, Mark Safan et autres artistes aujourd’hui totalement oubliés et par la prestation du génial Michael J. Fox qui est définitivement trop rare malgré son courage hors du commun… Pour toutes ces raisons, ce film est fait pour vous, nostalgiques des bonnes grosses séries B bien bêtes mais bien chouettes ! Et pour tous ceux qui râleront sur ces quelques pages qu’ils trouveront sans doute trop riches en compliments pour un nanar (qui n’en est pas un !), sachez que votre serviteur est conscient du caractère culte mais étrange de Teen Wolf et parce que ce Popcorn Reborn #3 traitait d’un film de loup garou qui lui ne traitait absolument pas son sujet, le dossier de la semaine prochaine sera consacré à un vrai grand moment de cinéma poilu qui fait bien mal, en abordant avec une passion de toujours l’immense film de Joe Dante : Hurlements ! Alors comme dirait la petite Boof : «Ca Badaboume ? »

Florent Kretz




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