Par Nicolas Houguet - publié le 05 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 05 octobre 2009 à 14h38 - 0 commentaire(s)
A l'image des grands comédiens britanniques, Sir Anthony Hopkins est d'abord un acteur de théâtre. Il débuta au début des années 60 aux côtés de Laurence Olivier, et devint rapidement l'un des grands noms de la scène théâtrale outre-manche. Bien qu'il soit apparu très régulièrement au cinéma au fil des années (notamment dans le Spartacus de Stanley Kubrick), le grand écran n'a saisi que très tard le potentiel exceptionnel de cet acteur (pourtant déjà présent dans un chef d'oeuvre comme Elephant man de David Lynch en 1981).


C'est donc à une époque plus tardive de sa carrière, dans les années 90, que la consécration arrive avec sa fascinante composition du docteur Hannibal Lecter, entré depuis dans la légende. Il campe de nouveau dans La Faille un personnage à l'esprit criminel et manipulateur, encore proche d'Hannibal dans la ruse.
Pourtant, même si ce grand rôle a assurément marqué sa carrière, il serait dommage d'occulter ses prestations de tout premier ordre, notamment chez Oliver Stone (dans Nixon et Alexandre), capable également de sauver par sa seule présence des films qui, sans lui, seraient improbables, bancals ou très académiques (Bobby, La couleur du mensonge, Légendes d'automne, Rencontre avec Joe Black). Il peut incarner aussi les excentriques ou les désaxés (le récent Burt Monroe, Instinct).

Anthony Hopkins est une très grand acteur, des comme on en connaît peu, capable d'embrasser n'importe quel rôle avec sérieux et minutie, avec cette manière d'être toujours égal à lui-même, de ne pas abuser des grands effets appuyés pour justifier son personnage, ne cédant que rarement au cabotinage (excepté dans Dragon Rouge, où le docteur Lecter qu'il compose confine à l'autoparodie). Il excelle dans la retenue, la complexité et la sobriété (il touche au sublime dans le rôle très minimaliste des Vestiges du jour de James Ivory).


Il incarne avec une élégance égale, presque en esthète, des rôles extrêmement variés. Il est le comédien du raffinement, de ce petit plus charismatique qui vous impose définitivement un personnage (y compris dans une fantaisie comme le Masque de Zorro). Cela lui permet d'être envisagé pour incarner les plus grandes figures (de Léon Tolstoï à Hemingway).
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