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Portrait : Clive Owen (inside Man) [page 1]

Par Caroline Leroy - publié le 14 avril 2006 à 09h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h52 - 0 commentaire(s)
Dans le dernier Spike Lee Joint, Inside Man, sorti sur les écrans ce mercredi, il est une fois de plus époustouflant. Il y a cinq ans encore, avant Gosford Park (Robert Altman), le nom de cet acteur britannique de 42 ans était encore quasiment inconnu hors des frontières de son pays. Depuis, impossible de passer à côté de Clive Owen, l'une des stars les plus demandées à Hollywood et ailleurs, qui enchaîne film sur film avec un souci constant d'explorer tous les genres possibles. Ce succès éclatant, un peu tardif mais parfaitement mérité, il le doit en premier lieu à une persévérance hors du commun. Gros plan.


INSIDE MAN

Né en octobre 1964 à Coventry et quatrième d'une famille de cinq garçons, Clive Owen arrête sa vocation dès l'âge de 13 ans : depuis qu'il a interprété Artful Doger dans la pièce Oliver ! jouée par la petite troupe de théâtre de son école, il veut être acteur et rien d'autre. Négligeant ses études, il ne croit pas non plus à l'utilité des cours de théâtre malgré l'insistance d'un professeur qui lui arrange une audition à l'école d'art dramatique de Mountview : l'audition est réussie, mais il décline finalement l'offre pour poursuivre ses activités au sein de la troupe de son enfance. Sauf que cela ne débouche pas sur grand-chose. Après deux années de vaches maigres, la chance lui sourit enfin, même s'il doit pour cela momentanément laisser de côté son aversion pour toute forme d'enseignement. Son salut, c'est la RADA (Royal Academy of Dramatic Art), prestigieuse école à laquelle il postule en 1984 pour y être reçu dans la foulée et obtenir son diplôme trois ans plus tard, à l'âge de 23 ans. Même lorsque l'on ne croit pas aux vertus d'une formation officielle à l'art de la comédie, le fait est que les contacts et expériences que l'on y acquiert s'avèrent souvent précieux à l'arrivée. En plus de côtoyer un certain Ralph Fiennes durant ses études, il voit une opportunité en or lui tomber du ciel avec la nouvelle pièce d'Howard Baker, Women Beware Women, dont sa classe prépare une représentation avec Gary Oldman dans le premier rôle. Ce dernier étant tombé malade, on demande à Clive Owen de le remplacer au pied levé. La pièce se joue au théâtre londonien Royal Court et marque le début d'une longue et fructueuse carrière théâtrale qui se poursuivra jusqu'en 2001.


CHANCER


David Thewlis et Clive Owen dans VROOM

Presque simultanément, le comédien débute en 1988 une carrière au cinéma dans le road-movie Vroom (Beeban Kidron) aux côtés de David Thewlis (Naked, Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban). Mais c'est la télévision qui le fait connaître du grand public britannique, et plus particulièrement le rôle du séduisant Stephen Crane dans la série télévisée Chancer, diffusée en 1990. Pourtant, par crainte de se retrouver catalogué dans un seul et unique type de rôle et lassé de l'attention excessive que lui portent les tabloïds anglais, Clive Owen abandonne la série qui n'a alors que deux saisons à son actif. Cette peur de se laisser emprisonner explique d'ailleurs son plus récent refus de succéder à Pierce Brosnan dans le rôle de James Bond, au grand dam des fans de l'agent secret. En 1991, en dépit de son désistement de Chancer, l'aura de Stephen Crane lui colle encore tellement à la peau que sa prestation sulfureuse dans Close my Eyes (Stephen Poliakoff), dans lequel il incarne le frère incestueux de Saskia Reeves, lui vaut l'incompréhension générale. Et pas seulement celle du public puisque ses contrats passés avec certains publicitaires deviennent caducs du jour au lendemain. Shocking ! Un rejet quasi-unanime qui l'encourage à s'écarter provisoirement du grand comme du petit écran pour se consacrer de nouveau à la scène.


CLOSE MY EYES


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