Au cours de l'année 2003, Clive Owen renoue avec Mike Hodges pour
Seule la mort peut m'arrêter /
I'll Sleep When I'm Dead, un film de gangsters maîtrisé qui n'est sorti que très tardivement sur les écrans français – l'été dernier pour être précis. Il enchaîne avec
Sans Frontière /
Beyond Borders (Martin Campbell), où il a pour partenaire Angelina Jolie dans une histoire centrée sur la cause humanitaire. En dépit de la popularité des deux comédiens, le film n'a jamais eu l'honneur d'une sortie en salles chez nous. Quoiqu'il en soit, l'aura grandissante de l'acteur ne pouvait l'écarter longtemps de l'accès au sommet d'une onéreuse production hollywoodienne… Et comme nul n'est à l'abri de quelques incidents de parcours, il s'avère que ladite production s'inscrit en bonne place dans le palmarès des pires divertissements de ces dernières années. Ce film, c'est
Le Roi Arthur d'Antoine Fuqua, une boursouflure écœurante qui, en plus de massacrer l'une des légendes européennes les plus populaires, se paie le luxe d'infliger au spectateur deux heures d'ennui mortel à l'état pur. Double naufrage artistique et commercial (51,9 M$ de recettes US pour un budget de 120 M$, de quoi laisser songeur), le film ne vaut que pour la prestation de Clive Owen, seul à déclamer correctement et avec conviction son texte dans cet océan d'anachronismes transcendé par une bêtise ahurissante de tous les instants. Fort heureusement, sa prestation plus que sensationnelle dans
Closer (Mike Nichols) vient très vite balayer ce faux pas.
CLOSERLe personnage de Larry, dermato cynique, brutal et accessoirement accro des
chat rooms pornos, lui offre toute latitude pour déployer pleinement les atours de son charme vénéneux. C'est au point que son jeu surpasse de loin celui de ses prestigieux partenaires, habituellement bons. Seule la talentueuse Natalie Portman se montre à la hauteur, les autres ne trouvant véritablement le ton que lorsqu'ils lui donnent la réplique. L'effet est immédiat : un Golden Globe dans la poche et une nomination à l'Oscar du meilleur second rôle – que lui raflera finalement Morgan Freeman pour sa prestation dans
Million Dollar Baby –, plus divers prix aux Etats-Unis, au Canada et en Angleterre ; la liste est longue. Puis vient
Sin City en 2005, adaptation du comic-book au style graphique fascinant de Frank Miller par l’auteur lui-même et Robert Rodriguez. L'occasion pour l'acteur, auquel rien ne sied mieux que les rôles ambigus à la limite de l'antipathie, de jouer de son humour pince-sans-rire et d'étoffer encore sa filmographie d'un nouveau genre cinématographique. A noter que
Sin City 2, dans lequel il reprendra le rôle de Dwight McCarthy, est prévu pour 2007.
SIN CITYEt ce n'est pas fini, puisque après le récent thriller
Dérapage /
Derailed (Mikael Håfström) où il fait face avec Jennifer Aniston à un terrifiant Vincent Cassel, on le retrouvera bientôt sous la direction d'Alfonso Cuarón dans un film de science-fiction intitulé
The Children of Men. Adapté d'un roman de P.D. James, le film se situe dans un futur proche où la race humaine, devenue stérile, est menacée d'extinction. Clive Owen y interprétera un agent du gouvernement dont la mission consiste à protéger la seule femme enceinte de la planète, incarnée par Julianne Moore. Autre projet alléchant :
Elizabeth : the Golden Age (Shekkar Kapur), suite du film d'époque de 1998 avec Cate Blanchett dans le rôle-titre. Sans compter
Shoot 'Em Up (Michael Davis) où il fera équipe avec Monica Bellucci et Paul Giamatti (
Sideways)… Tout un programme.
INSIDE MANCe rythme effréné risque cependant raisonnablement de ne plus être d'actualité sous peu puisque l'acteur, quelque peu lessivé, vient d'annoncer qu'il comptait s'accorder un break d'au moins cinq mois dès le bouclage de son dernier film. De quoi voir venir, à en juger par la pléthore de projets en cours. En attendant, on peut savourer à loisir sa formidable prestation dans le non moins irrésistible
Inside Man de Spike Lee.