A la fois rugueux et touchant, insaisissable et bourrin, instinctif et animal, Colin Farrell est le paradoxe le plus singulier du cinéma US actuel. En seulement quelques années, son ascension a été spectaculaire. Portrait d’un acteur stupéfiant.
Les journalistes aimeraient lui coller une étiquette (on le compare souvent à un Brad Pitt Irlandais ou même au meilleur import irlandais depuis la Guiness) mais on n’y arrive pas. On aimerait le caser dans un registre mais c’est impossible. On aimerait le critiquer mais c’est difficile. Colin Farrell n’est pas une star au sens Hollywoodien du mot. C’est un bloc entier qui jure, crache, cause de tout sans tabous, fréquente les meilleurs plateaux de cinéma, impose sa présence magnétique (la caméra donne souvent l’impression d’être amoureuse de lui) et se fiche de ce que l’on peut penser de lui. Le Carpe Diem tatoué sur son corps n’est pas là par hasard : il a très bien compris que la vie est dure comme courte et qu’il n’y a pas de temps à perdre. Dans la vie de tous les jours, voire en interview, il est comme ça : naturel, vif, indomptable. Et plutôt doué dans ses choix artistiques comme en atteste son CV.
L’imprévisible Colin Farrell ne cesse de surprendre au gré de ses prestations filmiques dans des œuvres aussi dissemblables qu’
Alexandre d’Oliver Stone et
Le Nouveau monde, de Terrence Malick. Pourtant, il est loin de faire l’unanimité. Ses mots, tranchants, sont pourvus d’une lucidité et d’une honnêteté qui renforcent la séduction. Colin atteste : "
tout ce que l’on dit sur Hollywood est vrai : hypocrisie, connerie, duperie... ce n'est pas le genre d'endroit que je fréquente. Là-bas, si tu n'es pas un acteur qui rapporte de l'argent, tu n'existes pas." Loin de soigner, voire de policer son image, l’acteur a des plaisirs aussi simples que ceux de Bacchus : faire la fête, fumer des Malboro Light ou des joints, boire de la bière, regarder des tas de dvd et surtout être en présence de femmes.