Avec
Panic Room, Fincher signait un film plus conventionnel que l'expérimental et foisonnant
Fight Club. On y retrouvait cependant tout ce qui fait son style, l'obscurité, la claustrophobie, l'irruption de la violence. Une femme seule avec sa fille vient d'acheter une propriété huppée à New York. Au premier soir des cambrioleurs s'y introduisent pour trouver l'argent laissé là par le précédent propriétaire. La mère et sa fille se réfugient dans une pièce hermétiquement close qui les protègent du danger en les isolant du monde. Encore une fois le traitement est magistral, le film est truffé de plans hallucinants et virtuoses. Cependant, on ne retrouve pas la provocation qui faisait la grandeur de
Fight Club, pas plus que l'horreur glauque et nauséeuse de
Seven.
Panic Room est un thriller classique, avec aux commandes un excellent réalisateur dont on attend toujours beaucoup. Et ici, on a la déception paradoxale de n'être que devant un bon film et pas un événement.

Fincher, a par la suite été attaché au projet
MI : III qu'il a dû quitter pour causes de différents artistiques avec Tom Cruise (son interprétation de cet univers aurait pourtant été très intéressante). Il revient avec
Zodiac, en mettant en scène l'une des plus grandes histoires criminelles non élucidées des Etats-Unis. Un tueur en série surnommé Zodiac terrorisa San Francisco en assassinant arbitrairement ses victimes, juste pour le plaisir, et en envoyant ensuite des messages à la police ou en laissant des messages sur les lieux du crime. Il ne fut jamais retrouvé. Une histoire terrifiante car le tueur n'est pas identifié, il engendre panique et psychose. Et Fincher est celui qui pouvait le mieux les traduire à l'écran. Il est également prévu qu'il retrouve Brad Pitt pour un film de science fiction (
The curious case of Benjamin Burton). Il sera passionnant de retrouver son style, cette sombre ambiance qui vous prend aux tripes et vous soulève le coeur. Ou peut-être bouleversera t-il les conventions, comme il l'a souvent fait.

Finalement, tous ses films racontent la fin des certitudes et dépeignent à des degrés divers, une humanité désemparée devant un monde absurde et violent qui échappe à toute compréhension, à toute interprétation rationnelle. Le cinéma de Fincher a souvent déchaîné les passions et les critiques virulentes car il est l'un des rares à être authentiquement désenchanté, portant un regard froid et cru sur les ruines de notre modernité, anarchiste parfois dans son approche et dans sa structure, souvent rétif à tout ordre établi.