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Portrait : Han Suk-gyu [page 1]

Par Elodie Leroy - publié le 06 octobre 2005 à 04h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h36 - 0 commentaire(s)
Les aficionados de cinéma coréen qui n'auraient pas encore retenu le nom de Han Suk-Gyu (parfois écrit Han Seok-Gyu) réagiront très certainement davantage aux titres de Shiri, La 6e Victime ou encore The President's Last Bang (sorti dans les salles françaises le 5 octobre 2005). Enchaînant les succès depuis la fin des années 1990, Han Suk-Gyu s'impose comme l'un des acteurs majeurs de la nouvelle vague coréenne aux côtés de Choi Min-Sik, Song Kang-Ho et Jang Dong-Gun. Du polar au film romantique, en passant par le thriller politique, le drame ou la comédie décalée, le parcours de la star de Shiri se caractérise par sa diversité. Très apprécié du public au Pays du Matin Calme, Han Suk-Gyu est connu pour son charisme mais aussi pour l'humanité et la profondeur qu'il apporte à ses rôles quelque soit le registre qu'il explore.


Han Suk-Gyu dans THE SCARLET LETTER

Les débuts : une ascension fulgurante

Né en 1964, Han Suk-Gyu commence sa carrière au début des années 1990 en tant qu'acteur de doublage. Après s'être fait connaître dans la série télévisée Moon Over Seoul aux côtés de Choi Min-Sik (Old Boy) en 1994, il tourne un an plus tard dans Dr Bong, de Lee Kwang Hoon (qui réalisera plus tard The Legend of the Evil Lake). A l'époque, le marché domestique est encore très largement dominé par les productions américaines, mais Dr Bong s'impose comme l'un des films coréens les plus populaires de l'année. C'est en 1996 que deux films se hissent dans le top 10 de l'année, redonnant espoir aux productions locales. Parmi elles, The Gingko Bed, avec Han Suk-Gyu et réalisé par un certain Kang Je-Gyu qui nous livrera plus tard Shiri et Frères de Sang. Vu à travers les yeux des spectateurs d'aujourd'hui, The Gingko Bed n'est pas un chef d'œuvre, surtout comparé à ce que le cinéma coréen nous a offert depuis. Mais ce film novateur pour son époque mérite tout de même qu'on s'attarde sur son cas.


THE GINGKO BED / Han Suk-Gyu, Shin Hyun-Jun et Jin Hee-Kyun dans THE GINGKO BED

The Gingko Bed raconte l'histoire d'amour entre un musicien (Han Suk-Gyu) et une princesse (Jin Hee-Kyun), séparés par un général cruel et possessif (Shin Hyun-Jun) amoureux de la demoiselle. Mille ans plus tard, à notre époque, un artiste peintre fait l'acquisition d'un mystérieux lit fabriqué avec le bois de deux gingkos. Ce lit fait ressurgir le fantôme de la princesse qui lui annonce qu'il est la réincarnation du musicien qu'elle aimait dans le passé. Mais le général revient lui aussi pour les empêcher de se réunir… The Gingko Bed connaît un gros succès lors de sa sortie puisqu'il comptabilise plus de 450 000 entrées rien qu'à Séoul et se classe en 8e position au box-office de l'année, devançant nombre de grosses productions américaines. Avec ce film romantique sur fond de voyage dans le temps, Kang Je-Gyu s'assure un public en jouant la carte du mélodrame. Ce genre était en effet comme une seconde nature pour le cinéma coréen durant les décennies précédentes – une donnée toujours perceptible à l'heure actuelle. Mais Kang Je-Gyu prend aussi un risque en s'attaquant au genre du fantastique, qui n'était pas encore ancré dans le cinéma local, et son film marche ainsi directement sur les plates-bandes américaines. The Gingko Bed est aussi l'occasion de voir les débuts des effets spéciaux du cinéma coréen, et si le résultat n'est pas au niveau des productions américaines de l'époque, il parvient tout de même à communiquer une certaine poésie. The Gingko Bed est un film imparfait, parfois maladroit, mais les scènes montrant la vie antérieure des personnages sont poétiques et l'entremêlement des deux histoires, passée et présente, est plutôt bien construit, d'autant plus que la composition musicale est superbe. The Gingko Bed représente une étape importante dans la nouvelle vague du cinéma coréen, en plus de marquer la première collaboration entre Kang Je-Gyu et Han Suk-Gyu.


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