Par Nicolas Houguet - publié le 20 novembre 2007 à 17h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h03 - 0 commentaire(s)
Il marche à l’instinct, se reposant totalement sur ce qu’il ressent, comme l’autodidacte qu’il est, créant par exemple ses rôles en s’inspirant de tics qu’il a pu glâner autour de lui, de flashs visuels, de traits de caractère (s’inspirant par exemple, de l’innocence d’un nouveau né et l’amour inconditionnel d’un chien pour Edward aux mains d’argent), de combinaison de personnages, d’attitudes (celle de Keith Richards pour le Pirate des Caraïbes, celle d’une adolescente pré-pubère pour Sleepy Hollow).
Il applique donc une technique très anticonformiste et libre de carcans techniques. Chacun de ses rôles devient une création qui lui est propre.



Sa marque

Ce qui amène à penser que Johnny Depp est le symbole d’une certaine indépendance. Il est autant capable de s’adapter aux univers très différents de Tim Burton, de Jim Jarmusch, ou des grands studios avec la même justesse et la même intégrité. Il demeure égal, sans se laisser enfermer dans un type de personnage, toujours prêt à commettre l’inattendu, à risquer quelque chose sans plan de carrière précis (au contraire de Tom Cruise par exemple). Depp est l’image d’un acteur droit, libre, inventif et créatif. Il a apporté quelque chose de très personnel et de très singulier à son métier, comme une marque.

Toujours à sa juste place et plein d’audaces innovantes, ne bouffant jamais le film mais tirant le meilleur parti de l’espace qui lui est réservé, loin des caprices ou de la docilité proverbiale des acteurs, il a su trouver dans sa vie professionnelle le bon équilibre. Même s’il lui arrive parfois de tourner dans des films moins bons, chacun de ses rôles demeure une pièce unique, comme l’instrument d’un grand luthier, qui rendra un son qui lui est propre.
Il est finalement assez musical dans sa manière d’exercer, toujours dans le bon rythme, dans le bon ton et c’est souvent lui qui donne la note juste sur laquelle repose l’ensemble du film. Comme un soliste qui s’accorderait avec un grand orchestre et entraînerait l’ensemble dans son inspiration et dans son intuition.



Sans doute ne mérite t’il pas tout le crédit, il lui faut être bien accompagné ou suivi, servi par un bon scénario, de bons partenaires, un bon metteur en scène. Mais il possède certainement cette petite chose en plus qui se perd souvent dans les méandres du système hollywoodien, des produits et des grosses machines : la personnalité, la liberté et l’originalité qui fait les grands acteurs.
Et ces qualités sont rares dans un cinéma qui a toujours aimé rangé les gens dans des cases bien définies.
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