Par Nicolas Houguet - publié le 06 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 06 octobre 2009 à 13h46 - 0 commentaire(s)
Judi Dench vient du théâtre. Tout le début de sa carrière dans les années 60, elle se consacra à des pièces shakespeariennes et reçut un nombre impressionnant de récompenses. Elle est une lady, comme Anthony Hopkins est un sir, anoblie par sa reine et faisant partie de cette aristocratie particulière que forment les acteurs britanniques depuis Lawrence Olivier. Sa formation suit d'ailleurs cette tradition et commence sur les planches où elle a acquis une grande renommée et une maîtrise absolue.



Cependant, comme l'a dit Cate Blanchett sur le tournage de Chronique d'un scandale, elle n'est pas de ces acteurs concentrés qui arrivent sur le plateau dans la peau de leur personnage, elle plaisante avec l'équipe, raconte des anecdotes et ce n'est que lorsque la caméra tourne qu'elle investit son personnage. Ce qui est la marque des grands acteurs de théâtre, une manière d'artisanat assez impressionnant. Ils savent faire cela, ils l'ont tellement fait représentations après représentations, avec une somme de travail si impressionnante qu'ils n'ont plus à s'en soucier. Ils savent ce que c'est qu'entrer en scène et en sortir, ce qui n'est pas vrai de tous les acteurs de cinéma. Cette maîtrise du métier vient du théâtre, d'une formation classique qui a permis à Judi Dench d'incarner les grands rôles du répertoire, de continuer d'apparaître sur les grandes scènes du monde anglo-saxon (à Broadway et ailleurs).

Avant d'avoir une grande carrière cinématographique, elle était déjà reconnue et respectée pour ses performances sur les planches du Royaume Uni. Mais, comme souvent, le cinéma n'a pas toujours su comment employer ce monument, sinon l'utiliser dans des adaptations de Shakespeare (Henry V et Hamlet de Kenneth Brannagh). Et l'actrice s'est amusée ces dernières années à afficher un éclectisme étonnant (en incarnant assez brillamment M dans les James Bond ou en apparaissant d'une manière presque incongrue dans Les Chroniques de Riddick). On se souvient de sa composition dans La dame de Windsor de son apparition impressionnante en Elizabeth dans le sympathique Shakespeare in love, de l'espièglerie dont elle fit récemment preuve dans Madame Henderson présente.



Cette variété de jeu assez inattendue fait d'elle une actrice extrêmement intéressante car on aurait pu facilement l'enfermer dans l'emploi d'une actrice classique, respectée et de grande réputation ne jouant que dans des productions de prestige. Mais son ouverture d'esprit et la variété de ses choix ont bouleversé ce chemin tout tracé.

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