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Portrait : Julianne Moore [page 1]

Par - publié le 10 janvier 2008 à 22h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h35 - 0 commentaire(s)
Comme son amie Nicole Kidman, elle est rousse et douée. Comme personne, elle incarne la névrose, la fragilité, l’anxiété. Plusieurs raisons donnent à penser que Julianne Moore est définitivement l’une des meilleures actrices de sa génération. Carrière au firmament, refus des facilités, choix judicieux. Qui dit mieux ?


Carrière schizophrène et fleur pas fanée. Avec Next et dans une moindre mesure Les fils de l’homme (où elle disparaît trop vite), Julianne Moore arbore une capacité impressionnante à concilier deux branches précises de cinéma : celle, Hollywoodienne, des grosses machineries où elle incarne des personnages farfelus ou victimes ; l’autre, indépendante, des Todd Haynes et autres précieux ausculteurs des complexités de l’âme. Plus caméléon que les autres actrices de son âge, Julianne Moore, alias Julie Anne Smith, fille d’une assistante sociale et d’un juge militaire, ne cesse de faire des étincelles en alternant avec le même plaisir les fictions opposées pour élégamment brouiller les repères. Elle donne envie de voir les films dans lesquels elle joue. Peu importe la qualité de l’ensemble, elle seule vaut le déplacement.

Avant d’embrasser sa carrière de comédienne, sa mère l’a découragée en affirmant qu’elle avait un cerveau et que ce serait dommage de refuser de continuer à s’en servir. Ça explique sans doute pourquoi, après moult hésitations, Julianne est devenue célèbre sur le tard, au prix de rôles complexes, au moment où les starlettes de rien disparaissent des écrans, tombent dans l’anonymat et deviennent des fleurs fanées dont personne, même pas Lasse Hallström, ne veulent. La quarantaine rayonnante, elle tient le haut de l’affiche sans complexe. Elle commence sa carrière par le théâtre, puis le soap As the World Turns et finit par se faire remarquer pour la première fois grâce à Curtis Hanson qui lui refile le second rôle de la cafteuse assassinée dans une serre par la perfide Rebecca De Mornay dans La main sur le berceau.


Par la suite, la miss gifle Madonna (Body), tourne un Tchekhov New-yorkais avec Louis Malle (Vanya, 42ème rue), affronte la malédiction d’une momie (Tales of the darkside), fait fuir les tyrannosaures (Le monde perdu), croise Johnny Depp (Benny & Joon), se casse la figure à plusieurs reprises (Evolution), incarne courageusement une maman courage (Mémoire effacée), joue les intrigantes malignes sourire narquois aux lèvres (Un mari idéal, d’après Oscar Wilde), ravive le spectre de Deborah Kerr en succombant aux désirs d’un amant (la sous-estimée Fin d’une liaison) et de Vera Miles (la photocopie couleur et expérimentale Psycho), fait plaisir à son amoureux de réalisateur Bart Freundlich (le pourtant médiocre Trust the man), se fait remercier dans le générique de fin (Shortbus).


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