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Portrait : Naomi Watts (le Voile Des Illusions) [page 1]

Par Elodie Leroy - publié le 25 novembre 2007 à 23h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h29 - 0 commentaire(s)
Après nous avoir bouleversés dans Mulholland Drive, 21 Grammes et même dans King Kong, Naomi Watts revient dans Le Voile des Illusions, fresque romanesque dont elle est aussi co-productrice. Dans ce nouveau long métrage de John Curran (We don't live here anymore), Naomi Watts est une fois de plus touchée par la grâce et délivre une prestation tout en nuance, dans un face-à-face amoureux avec Edward Norton. L'occasion de revenir sur le parcours de cette comédienne exceptionnelle qui s'est imposée au cours de ces dernières années comme l'une des actrices les plus douées et les plus attachantes de sa génération.


LE VOILE DES ILLUSIONS

Naomi Watts, actrice inclassable

On peut remercier le réalisateur David Lynch d'avoir su faire preuve d'un grand flair lors du casting de Mulholland Drive. A l'époque, Naomi Watts enchaîne les productions insipides et les rôles insignifiants, au cinéma comme à la télévision. Née en Angleterre en 1968, elle émigre à l'âge de 14 ans en Australie et se destine très tôt au métier d'actrice. Décédé quand elle avait sept ans, son père évoluait lui aussi dans un milieu artistique puisqu'il occupe pendant plusieurs années la fonction d'ingénieur du son auprès du groupe Pink Floyd.
Comme nombre d'actrices, Naomi Watts débute dans la publicité, ce qui lui permet d'ailleurs de faire la connaissance en 1991, au cours d'une audition, d'une certaine Nicole Kidman qui deviendra l'une de ses meilleures amies. Dans son premier film, For Love Alone (1986), elle côtoie Sam Neill et Hugo Weaving mais ne se voit attribuer qu'un petit rôle. Par la suite, on la retrouve, à l'instar de Russell Crowe, à l'affiche de la mini-série télévisée Brides of Christ (1991), puis notamment en Jet Girl dans Tank Girl (1995), adaptation de la BD éponyme par Rachel Talalay. Elle apparaît aussi en 1998 au générique de Dangerous Beauty, avec Catherine McCormack et Rufus Sewell, et prête la même année sa voix à l'un des personnages de Babe : un cochon dans la ville. Aucun de ces projets ne remporte un succès suffisant pour lui permettre de s'imposer comme tête d'affiche. C'est ainsi que l'on peut attribuer à David Lynch la "découverte" de son talent, l'ironie voulant qu'il lui ait justement confié le rôle d'une jeune actrice en herbe qui tente de faire ses débuts à Hollywood.


21 GRAMMES

Avec le choc Mulholland Drive, Naomi Watts obtient une reconnaissance immédiate : elle accumule soudainement les prix d'interprétation décernés par les plus grands cercles de critiques américains, notamment la National Society of Film Critics. La suite, on la connaît. La carrière de Naomi Watts connaît un nouveau tournant, plus commercial celui-ci, avec Le Cercle, remake par Gore Verbinski du Ringu de Hideo Nakata. Ce qui n'empêche pas l'actrice de se diriger vers des projets artistiquement exigeants comme le poignant 21 Grammes qui lui vaut d'être nominée à l'Oscar de la meilleure actrice et dans lequel elle partage l'affiche avec Sean Penn (les deux acteurs se retrouveront dans l'anecdotique L'Assassinat de Richard Nixon), Beniccio Del Toro et Charlotte Gainsbourg. Enfin, parmi les œuvres les plus importantes de sa carrière, on mentionnera bien entendu King Kong, relecture par l'incontournable Peter Jackson du classique de Merian C. Cooper et Edgar Wallace.


KING KONG

L'une des qualités majeures de Naomi Watts est de ne jamais opter pour la facilité. Alors que d'autres jeunes actrices de sa génération entretiennent leur célébrité en apparaissant régulièrement dans des comédies romantiques à l'eau de rose, Naomi Watts préfère s'imposer à chaque rôle un nouveau défi à relever. Ce défi peut être psychologique, comme c'est le cas dans les deux chef d'œuvres qui lui ont permis de se faire un nom, Mulholland Drive et 21 Grammes, mais aussi d'ordre plus physique, comme en témoigne son investissement dans le fabuleux King Kong, dont le tournage a failli lui coûter cher puisqu'elle s'est blessée au cours d'une chute accidentelle. Outre la chance inouïe de faire partie de l'un des projets les plus attendus de l'année 2005, King Kong témoigne aussi de l'ouverture de l'actrice à des univers extrêmement variés. Toujours en quête d'expériences nouvelles, Watts navigue entre le réalisme et la fantaisie et convainc dans tous les registres, qu'il s'agisse du fantastique (Stay), du comique (I Heart Huckabees) ou de l'horreur (Le Cercle). C'est ce qu'on appelle une actrice inclassable.


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