Par Maxime Trouvé - publié le 12 décembre 2006 à 02h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h20 - 0 commentaire(s)
Spécialiste de la série B ou vulgaire « Yes man », pour beaucoup Renny Harlin est un sujet à controverse. Capable du meilleur comme du pire, le réalisateur finlandais ne laisse pas indifférent. Malgré les déluges de mauvaises critiques dont il a pu faire l’objet, Renny Harlin se révèle être un des derniers bons faiseurs d’Hollywood, malgré des choix de carrière plutôt anecdotiques ces derniers temps. Retour sur un parcours en montagnes russes.



Originaire de Finlande, Renny Harlin a fait ses études de cinéma à la faculté de Helsinki, où il réalise ses premiers courts métrages et documentaires. Conscient de ne pas pouvoir s'épanouir au sein de la production cinématographique scandinave, l'apprenti cinéaste émigre vers les Etats-Unis au milieu des années 80. Avec trois bouts de ficelles, le néo réalisateur va mettre en boite, en 1986, le thriller Prison avec Chelsea Field et surtout le déjà charismatique Viggo Mortensen. Thriller horrifique carcéral très efficace, Prison impose la patte très clipesque (très en vogue dans les années 80) de Renny Harlin. Ce premier film a déjà le culot de brasser de très nombreuses références telles que les vieux films de la Hammer, L’évadé d’Alcatraz ou encore les films de morts vivants de la période Romero. Sans jamais tomber dans la surenchère, Prison délivre un suspense efficace jusqu’au climax final, horrifique à souhait, qui fait de cette première réalisation, un incontournable du cinéma bis des années 80, injustement méconnu à ce jour et toujours inédit en DVD. Baignant dans une ambiance très glauque avec des décors rudimentaires magnifiquement mis en image, le film est une excellente carte de visite pour s’imposer sur le territoire américain.

En 1988, repéré par les pontes d’Hollywood après ce génial coup d’essai, Renny Harlin est de nouveau aux commandes d’un film d’horreur. Il se voit ainsi confier la lourde responsabilité de reprendre la franchise à succès des Freddy. Avec Le Cauchemar de Freddy, Harlin doit composer avec un personnage à forte notoriété, un cahier des charges bien précis, un budget décuplé et surtout beaucoup d’effets spéciaux. Résolument fun et très bien maîtrisé, ce nouveau volet est un succès incontestable qui propulse Renny Harlin dans le club très fermé des réalisateurs qui comptent. A l’aube des années 90, la puissante Fox fait les yeux doux à la nouvelle coqueluche des réalisateurs en lui proposant de reprendre une nouvelle franchise, Die Hard.



Nullement impressionné par l’ampleur de la tache et surtout fort de son nouveau statut, Renny Harlin se retrouve à la tête d’un budget décuplé et d’une franchise au potentiel énorme. Le challenge à l’époque est de pouvoir relever l’énorme tour de force initié par le maître de l’action, John McTiernan. Ce dernier a tout simplement relancé le film d’action à la fin des années 80. Harlin doit, pour ainsi dire, transformer l’essai et installer durablement le personnage de John Mc Lane dans les mémoires.

Reprenant les mêmes recettes que Le Cauchemar de Freddy, Harlin donne ce que veut le public et surtout les producteurs, du « toujours plus ». Plus d’action, plus d’explosions, plus de folie. Transformant un peu plus Bruce Willis en super héros, 58 minutes pour vivre (Die Harder) enchaîne les morceaux de bravoure pyrotechnique ainsi que les fusillades tous azimut. Pied au plancher, le réalisateur finlandais ajoute un nouveau succès de taille à sa carrière encore naissante. Le film sera un hit au box office et confirmera le statut d’Harlin à Hollywood. Mais c’est à ce moment là que se dessine la patte Harlin, faite surtout de surenchère décérébrée et de tape à l’oeil. Il deviendra petit à petit un bon faiseur, un bon technicien mais jamais un réalisateur qui compte. Entre ses mains, la suite de Piège de cristal devient un produit formaté, certes très efficace mais qui restera, même 15 ans plus tard, le maillon faible de la trilogie actuelle. Fort de son aura et de son statut de générateur de billets verts, Harlin, au grand soulagement de nombreux fans, se permet même de refuser la proposition de la Fox de diriger le 3ème Alien, laissant ainsi la main à un certain David Fincher. Grand bien lui en a pris, puisque avec cette décision, le réalisateur scandinave nous livrera l’un des tous meilleurs films d’action de ces dix dernières années et Fincher, malgré tous ses démêlés, réalisera le meilleur opus de la saga Alien.


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