Par Nicolas Houguet - publié le 07 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 07 octobre 2009 à 18h29 - 0 commentaire(s)
Robin Wright Penn est une actrice trop rare. Même si elle tourne régulièrement, elle reste discrète et à l'écart et on oublie qu'elle est une valeur sûre, une actrice qui a livré de magnifiques compositions dans des registres très différents, dans des personnages souvent complexes (de sa belle collaboration avec Sean Penn à l'épouse émouvante de Par Effraction, dernier film de Anthony Minghella). La ressortie en salles de Princess Bride donne l'occasion de revenir sur la carrière de la belle.



Choix de carrière

Elle a débuté en tenant l'un des rôles principaux du soap opera Santa Barbara pendant quatre ans. Un début difficile à assumer, une célébrité aussi immense qu'encombrante. Cela fait songer à Johnny Depp et à toute l'énergie qu'il a dû déployer pour s'écarter de 21 Jump street. Toute la suite de la carrière de Wright Penn sera consacrée à casser son image trop lisse, de beauté presque idéale et irréelle. On la trouvera souvent incarnant des personnages brisés, instables (même dans Forrest Gump), blessés (dans Loved), amochés et violentés (dans She's so lovely de Nick Cassavetes et the Pledge de Sean Penn). Lorsqu'elle consent à jouer de sa grande beauté, c'est pour incarner un personnage de conte (Princess Bride) ou un personnage à portée symbolique (l'artiste de Crossing Guard qui symbolise la rédemption de l'assassin repenti).

Elle veut depuis longtemps jouer des rôles exigeants, dans des films plus risqués, sans jouer sur cette apparence avec laquelle elle est mal à l'aise. Elle a dû jouer de sa beauté dès ses débuts comme mannequin. Elle a ensuite travaillé méthodiquement à écorner cette image et la casser. Elle voulait sortir de ce rôle de femme idéalisée, cette prison dorée qui ne lui apportait que des rôles stéréotypés et simplistes dans lesquels elle ne souhaitait pas s'investir. Elle a ainsi refusé des films comme Jurassik Parc ou Batman Forever où elle aurait été réduite à sa simple apparence sans livrer les prestations ambitieuses et complexes qu'elle avait en tête. Elle a vite quitté la voie de l'évidence sur laquelle on l'avait lancée.



Cette obsession est née moins à la suite de Santa Barbara que de son rôle dans Princess Bride de Rob Reiner. Ce film remporta un vif succès et la catalogua comme une grande beauté hollywoodienne un peu irréelle, à la Grace Kelly. Ce n'est assurément pas ce que cherchait l'actrice. Elle refusa systématiquement d'être labellisée ainsi, enfermée dans une case bien définie. On s'aperçoit que s'il lui est arrivé de rejouer les belles filles plus tard (dans Forrest Gump notamment), c'était surtout parce qu'en plus d'être belles, elles étaient bohèmes, ou un tantinet dérangées. Robin Wright Penn est une grande actrice, mais à vouloir combattre son image sans cesse, elle a toujours privilégié des projets plus en marge ou même des films sans grand intérêt mais qui lui permettaient d'expérimenter quelque chose de plus que son physique avantageux.

Ce qui a amené sa carrière à suivre un cours étrange, apparaissant parfois dans des films grand public (Toys) mais explorant toutes les directions, refusant avec obstination de faire ce qu'on attendait d'elle, de refaire la même chose, ou d'accepter un rôle uniquement pour être en haut de l'affiche.

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