1. >
  2. >
  3. >
  4. >Portrait : Song Kang-ho (the Host) [page 1]

Portrait : Song Kang-ho (the Host) [page 1]

Par Caroline Leroy - publié le 23 novembre 2006 à 03h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h18 - 0 commentaire(s)
Grâce au succès dantesque de The Host, le comédien Song Kang-Ho vient de ravir à Jang Dong-Gun le titre de la "valeur la plus sûre" du box-office coréen. Prétendre qu'il s'agit là d'un juste retour des choses ne serait pas juste, le héros de Friend ayant amplement mérité sa place parmi les étoiles du cinéma du Pays du Matin Calme. Mais il s'agit là tout de même d'une sacrée revanche pour Song Kang-Ho qui, lorsqu'il s'introduisit au public français juste avant la projection de JSA au Festival du Film Asiatique de Deauville édition 2001, s'excusa par avance de ne pas ressembler à une gravure de mode comme la plupart de ses compatriotes et confrères. Si l'avertissement avait de quoi surprendre à une époque où le cinéma coréen commençait seulement à se dévoiler timidement sur les écrans français, elle prit tout son sens par la suite avec la découverte du vivier impressionnant de beautés masculines locales telles que Jung Woo-Sung, Lee Byung-Hun, Won Bin et autres Kang Dong-Won. Qu'importe, le formidable accueil réservé au chef d'œuvre de Park Chan-Wook et l'enthousiasme spontané déclenché par la comédie The Foul King de Kim Jee-Woon élevèrent instantanément l'acteur au rang de star incontestée de cette édition mémorable du festival de Deauville, standing ovation enflammée à l'appui. Un triomphe entièrement mérité auquel cet homme à l'attitude modeste était certainement loin de s'attendre. Depuis, le charisme de Song Kang-Ho et l'extraordinaire diversité de son registre n'ont cessé de faire des miracles, artistiquement comme commercialement parlant. Portrait.


THE HOST

Contrairement à la plupart des stars coréennes, Song Kang-ho n'a jamais compté sur la télévision pour se faire connaître, ni pour entretenir par la suite sa popularité. Plus attiré par les planches que par les paillettes, il entame à la fin du lycée une carrière de comédien au sein d'un groupe de théâtre dont les représentations laissent la part belle à l'improvisation des acteurs. Ce n'est qu'à l'âge de vingt-neuf ans qu'il finit par se résoudre – non sans avoir résisté auparavant à plusieurs sollicitations – à faire ses premiers pas au cinéma, devant la caméra de Hong Sang-Soo (Conte de cinéma) qui lui offre en 1996 un rôle de figurant dans Le jour où le cochon est tombé dans le puis. L'expérience est suffisamment concluante pour que l'acteur la réitère l'année suivante avec une apparition dans le très sombre Green Fish de Lee Chang-Dong, dont la vedette n'est autre que Han Suk-Gyu, future superstar du blockbuster Shiri.
Les destins des deux hommes se recroiseront de manière de manière plus fructueuse la même année sur le film No.3 de Song Neun-Han, fer de lance de la comédie de gangster coréenne. Song Kang-Ho obtient sur ce film son premier véritable rôle, en entrant dans la peau d'un assassin de seconde zone complètement allumé. Il s'en acquitte d'ailleurs si bien qu'il va jusqu'à voler la vedette à ses brillants partenaires, parmi lesquels on retrouve aussi le génial Choi Min-Sik (Old Boy), avant de décrocher dans la foulée son premier prix d'interprétation, celui du meilleur espoir masculin au Festival de Daejong. En deux ans et trois films seulement à son actif, la performance n'est pas négligeable.


THE QUIET FAMILY

En 1998, Song Kang-Ho s'offre un détour par les chemins sinueux de l'univers torturé de Jang Sun-Woo, réalisateur imprévisible auquel on doit des œuvres aussi radicalement différentes que le sulfureux Fantasmes (longtemps interdit sur les écrans coréens) et le ludique Resurrection of the little match girl. Sous sa direction, il incarne durant quelques minutes l'un des sans-abri de Bad movie, sorte de docu-fiction qui explore sans concession le quotidien débilitant des laissés pour compte de Séoul. Toutefois, parmi les rencontres qui jalonnent son parcours exemplaire, celle qu'il fait peu de temps après avec le réalisateur Kim Jee-Woon apparaît rapidement comme l'une des plus déterminantes. Engagé par ce dernier pour incarner l'un des membres de la famille déjantée de The Quiet Family, Song Kang-Ho démontre une fois de plus une aisance remarquable dans le registre de la comédie burlesque, se fondant avec un naturel bluffant dans le rôle du fils peu futé, à la limite de la débilité. Le film, très drôle, reçoit un excellent accueil en salles et donnera lieu trois ans plus tard à un remake japonais signé Takashi Miike, The Happiness of the Katakuris. Comme si cela ne suffisait pas, l'acteur se retrouve au générique du carton historique Shiri de Kang Je-Gyu. Certes, son personnage se situe en retrait par rapport aux premiers rôles dévolus à Han Suk-Gyu, Kim Yun-Jin et Choi Min-Sik, mais l'impact exceptionnel du film sur le cinéma coréen en général, dont il révolutionne en profondeur l'approche et les ambitions techniques, continue d'enrichir une filmographie entamée sous les meilleurs auspices.


Vos réactions


logAudience