Par Elodie Leroy - publié le 12 juillet 2006 à 11h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h03 - 0 commentaire(s)
Grâce à son registre pour le moins éclectique, Tadanobu Asano est devenu en l'espace d'une dizaine d'années l'un des comédiens les plus emblématiques du cinéma indépendant japonais. Avec sa présence discrète et son regard énigmatique, ce comédien tout sauf conventionnel dévoile à travers ses films un charisme unique qui a su captiver les auteurs les plus novateurs que le Japon nous offre actuellement. Traversant depuis quelques années les frontières du Pays du Soleil Levant, Tadanobu Asano revient dans Vagues Invisibles, sa seconde collaboration avec réalisateur thaïlandais Pen-Ek Ratanaruang après Last Life in the Universe. Portrait d'un comédien aussi incontournable que fascinant.


VAGUES INVISIBLES

Les débuts
Né en 1973 à Yokohama, d'une mère hippie et d'un père agent artistique, Tadanobu Asano atterrit dans le milieu du cinéma sans volonté particulière d'y faire carrière. Lorsqu'il atteint l'âge de 16 ans, son père lui conseille de passer son premier casting pour la série Kimpachi Sensei, rôle qui lui permet de faire ses premiers pas sur le petit écran. Asano débute au cinéma en 1990 dans le film Swimming Upstream de Matsuoka Joji, pour enchaîner ensuite avec quelques projets plus mineurs avant d'obtenir un premier succès critique grâce à son rôle dans Fried Dragon Fish, moyen-métrage de Shunji Iwai. Quelques années plus tard, en 1996, il est salué par la critique internationale pour son rôle dans Maborosi, de Hirokazu Kore-eda, film dans lequel il campe un homme a priori sans histoire mais qui se suicide un jour de manière inexplicable, laissant derrière lui une épouse et un enfant. La même année, l'acteur recroise le chemin de Shunji Iwai et confirme son talent dans le long métrage Picnic, l'histoire de trois fous évadés d'un asile psychiatrique.


FRIED DRAGON FISH / PICNIC

Entre 1996 et 1999, la carrière de Tadanobu Asano prend son envol : il enchaîne déjà trois à quatre films par an, apparaissant tantôt dans des premiers rôles (Hakuchi, Le Labyrinthe des Rêves), tantôt des seconds (Gemini). A la fin de la décennie, il commence à tourner avec les plus grands : on le retrouve ainsi aux côtés de Takeshi Kitano dans Tabou (aka Gohatto), réalisé en 1999 par Nagisa Oshima. Asano incarne l'un des samouraïs du Shinsengumi dans cette œuvre fascinante qui raconte la fin du Shogunat à travers les conflits internes du clan autour d'un jeune apprenti d'une beauté troublante. Peu soucieux de son image, Asano devient rapidement l'un des acteurs montants les plus intéressants de sa génération et surtout l'un des plus courtisés par les réalisateurs indépendants, puisqu'il jouera au cours des années suivantes sous la direction de Takashi Miike, Shinya Tsukamoto ou encore Kiyoshi Kurosawa.
A travers des projets de plus en plus risqués, une personnalité d'acteur intrigante se dessine…


HAKUCHI


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