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Portrait : Tobe Hooper (mortuary) [page 3]

Par - publié le 11 avril 2006 à 10h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h52 - 0 commentaire(s)
Le succès est colossal aux States mais en dépit d’une présentation à La Quinzaine Cannoise et ses échos excellents, le film ne sort qu’en 1982 dans l’Hexagone, soit huit ans après sa sortie US pour cause de censure abusive et abusée. Après l’oubliable slasher Massacres dans le train fantôme (preuve que Hooper n’est jamais meilleur que lorsqu’il œuvre dans le terrain qu’il connaît – le réalisme, la simplicité brute), il signe Poltergeist, immense succès (plus de 76 millions de dollars de recette) dont on oublie évidemment pas la scène du clown sur la chaise puis sur le lit, cette gamine blonde aspirée par la télé etc. Scènes d’anthologies qui se succèdent et rumeurs qui vont de bon train. En effet, depuis des années, dans les hautes sphères cinéphiles, Poltergeist, virtuose en terme de mise en scène mais aussi de capacité à faire naître l’extraordinaire dans l’ordinaire, se coltine la rumeur tannante d’avoir été co-réalisé par Spielberg. Lors d’une récente masterclass, Hooper en a profité pour nier en bloc et raconter la véritable histoire, celle d’un reporter du Los Angeles Times qui, lors de sa venue sur le plateau, est tombé sur Hooper en train de tourner une scène d’extérieur techniquement ardue. Le réalisateur avait besoin d'une seconde équipe pour mettre en boîte la scène d'un autre axe avec la caméra perchée en haut d'un arbre en plongée. Sur le plateau à ce moment-là, le virtuose Spielberg l’a simplement aidé pour ce plan et rien d’autre.


Ce n’est que par la suite que ça se gâte. La période de déclin commence non pas avec Poltergeist mais avec Lifeforce, son budget le plus confortable (merci Poltergeist). Et ces œuvres deviennent plus mercantiles qu’artisanales (L' Invasion vient de Mars, remake de Les Envahisseurs de la planète rouge ; Massacre à la tronconneuse 2…) jusqu’à l’essoufflement. Avant la gravissime panne d’inspiration des années 90 (en dépit d’un sketch inspiré dans les Body Bags, fascinant film qui a une certaine côte sympathie méritée) et l’effondrement Crocodile, téléfilm impossible. Les aficionados ont beau apporter de la conviction à leur argument mais en dépit de la présence d’Angela Bettis (May), Toolbox Murder n’est pas le come-back jouissif attendu et lorgne vers le navet de piètre facture. Mortuary, seconde chance, ne vient qu’enfoncer le clou et confirmer une nouvelle pour le coup mortuaire : Tobe Hooper semble avoir définitivement perdu toute son inspiration.
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