Une sorte de morale se dégage de ce panorama non exhaustif de la filmographie de Woody Allen, une unité de message malgré les changements de style.
De la comédie au drame, le sentiment dominant qu’on en retire et qui est propre à Woody Allen c’est que quitte à être là et à souffrir, autant prendre le parti d’en rire ou d’en profiter sans scrupules.
Car jusqu’à preuve du contraire, cette existence, c’est tout ce qu’on aura jamais. Peut-être est-ce pour ça que tant de gens admirent ses films ou les trouvent émouvants en même temps que revigorants. Le comique classique aurait tendance à vous faire oublier le désespoir, la noirceur, la maladie ou la mort. Lui vous y confronte d’une manière à chaque fois différente, souvent pleine de dérision et d’irrespect qui vous fera rire, mais il s’agit de ça. C’est plus profond qu’une histoire drôle car ça touche à quelque chose qui nous inquiète tous.
Comment trouver l’amour, le réconfort, la consécration ? Comment ne pas être malade ? Comment ne pas avoir peur de la mort ou de l’injustice aveugle ? Dans un haussement d’épaule cynique, sarcastique, drôle et pessimiste ou grave et désabusé, dans un numéro de danse, dans une chanson. Ces choses qui font que la vie en vaut la peine.
Il y a cette belle scène dans
Manhattan où l’auteur énumère toutes les raisons qui vous sauvent la vie (Louis Amstrong, Bergman, Brando, Flaubert…). Le cinéma de Woody Allen, c’est une raison de vivre, de s’accrocher. Parce qu’au fil des scènes, vous souriez, vous vous laissez embarquer par les numéros chantés et à la fin, vous vous dites que même si tout est toujours foireux, rien n’est jamais perdu.
Tout le monde dit I love you, malgré tout, et se réserve une parcelle d’espoir. C’est pour ça que chaque année, on attend le dernier film de Woody Allen, pour renouer avec cet espoir là.