1. >
  2. >
  3. >
  4. >Pour Elle : Interview De Fred Cavaye [page 3]

Pour Elle : Interview De Fred Cavaye [page 3]

Par Rafik Djoumi - publié le 03 décembre 2008 à 00h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 20h07 - 0 commentaire(s)
D’ailleurs la scène d’ouverture choc, qui nous plonge en plein milieu du film, pour ensuite remonter le temps, c’était un choix fait au montage ?
C’est drôle que vous citiez ça, parce qu’à l’écriture de la deuxième version, il y avait à peu près le même système. On ouvre le film sur une séquence choc où on ne comprend pas ce qui se passe, où on voit Vincent Lindon comme on ne l’a jamais vu. Le producteur n’était pas trop pour. Pour un « Monsieur Tout le monde », il pensait qu’on aurait du mal à s’identifier à lui si on commençait comme ça. Après négociation, nous avons retiré ça du scénario, en sachant que je pourrais y revenir au montage. En plus j’aime bien ce principe où le film s’ouvre sur une image déstabilisante, et lorsque vous la retrouvez plus tard dans le film, elle ne raconte plus la même chose. Qui plus est, commencer le film par cette image, c’était déjà lui donner une couleur. Le spectateur la garde dans un coin de sa tête. Il sait au fond de lui qu’on se dirige dans cette direction. Du coup, c’est la première chose que j’ai demandé au monteur : prendre cette scène du milieu et la mettre en préambule. Et quand nous avons montré ça aux producteurs ils ont trouvé que c’était génial.



Vous parliez tout à l’heure du musicien. C’est une belle histoire qui vous est arrivée avec Klaus Badelt.
Oui, vraiment. La musique c’est la chose qui est la plus éloignée d’un metteur en scène. Moi je suis auditeur, pas musicien. Comment expliquer que je voudrais un « ta ta tiin ta tin » ? J’appréhendais vraiment et j’ai eu une chance folle. Jean-Pierre Arquié, qui s’occupait du temp-track (musique temporaire) m’annonce que Klaus Badelt vient en France et qu’il y a peut-être moyen de lui faire lire le script. On le lui a envoyé. Il l’a lu dans l’avion. Arrivé à Paris, il a vu le film et il a dit « ça m’intéresse ». Moi je ne savais plus où me mettre, je lui disais que c’était vraiment un petit film. Il me répond qu’il a déjà fait des petits films… et il me cite The Pledge de Sean Penn, bref un truc énorme quoi ! C’est un gars d’une extrême gentillesse, travailleur, humble, entièrement au service du film. C’est l’école américaine. Il a beau avoir un CV énorme, avec des trucs genre Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit etc., à aucun moment il ne se place au-dessus du film. Tu lui dis « non c’est pas ça », pfuit ! il balance le truc et il recommence. De toutes façons, je crois qu’en général, plus les gens sont bons, plus ils sont humbles. Et il ne fait pas dans l’illustration ; il compose en fonction des exigences du récit et de l’émotion. Rien qu’avec sa musique, par exemple, j’ai retrouvé des didascalies que j’avais annotées dans le scénario et que j’avais oubliées. Et quelques temps plus tard, on se retrouve tous au studio Abbey Road, avec le London Philarmonic Orchestra. Le rêve. J’ai vraiment eu beaucoup de chance. Je le répète souvent : j’ai eu beaucoup de chance avec ce film.

Propos recueillis par Rafik Djoumi
Vos réactions


logAudience