Parce que tu n’as peur d’alterner les films à gros budgets et les petits rikiki. Le phénomène
Requiem for a dream – et dans une autre mesure
Dark City où tu étais parfaite, as usual – a eu un effet bénéfique sur ta carrière. Si bien qu’on t’a vu par la suite dans plein de petits films intimistes comme le beau
Pollock, d’Ed Harris dans lequel le réalisacteur plaquait ses obsessions mortifères sur celles du peintre. Ou encore les bien mesestimés
Le fantôme de Sarah Williams, de Keith Gordon et surtout
House of sang and fog, de Vadim Perelman où tu étais sublime d'émotion contenue. Mais on t'a également vu dans de «faux» gros machins comme le pathologique
Hulk d’Ang Lee, déclinaison singulière du comics avec longueurs éparses et audaces visuelles. Tu tentes comme tu peux de transcender par ton simple jeu un personnage stéréotypé sur le papelard. Et y parviens. Dommage que le film ait le cul entre deux chaises (spectaculaire bourrin ou intimisme oedipien ? Effets spéciaux impressionnants ou connotations lourdement politiques ?) ne suive pas.
Parce que, d’Argento à Proyas en passant par Nakata, ils sont tous fous de toi Non, il n'y a(vait) pas que Paul Bettany dans la vie. Sais-tu par exemple qu’Hideo Nakata se mord les doigts de ne pas avoir pu réaliser le remake de son propre film
Dark Water à cause de toi ? Lui-même ajoute :
"Dans une certaine mesure, j’étais intéressé pour le mettre en scène. Mais le scénario était à peu près le même. Le producteur et moi-même avons échangé des mails et j’ai fortement suggéré que Jennifer Connelly soit dans le film parce que je la considère comme l’une des meilleures actrices actuelles d’autant plus qu’elle est, je pense, sous-exploitée. Le producteur m’a donné d’autres noms comme Cameron Diaz mais comme j'ai lourdement insisté, il s’est finalement rangé de mon côté." Bravo qui? Bravo Hideo. Même si, bon, à l'arrivée, cette relecture soft ne valait que pour toi. Rien que pour toi.
Parce que tu es SIMPLEMENT toi Tu n’as jamais eu peur de ton (beau) corps et surtout tes (beaux) seins que tu exhibes pour le simple bonheur de nos mirettes. Même dans un film aussi anodin que
Les hommes de l'ombre, de Lee Tamahori. La découverte du
Hot Spot, de Dennis Hopper, pendant la période pré-adolescente, a (et avait) de quoi laisser des séquelles durables. Et puis, tu ne changes pas (tu as beau être née en 70, on a l’impression que tu as toujours 20 ans). Si bien que beaucoup n’ont pas pardonné à Aronofsky – il le confie lui-même lorsqu’il revient sur
Requiem for a dream – d’avoir osé toucher à ton image de la sorte. Réaction outrancière, on est d’accord: ce serait oublier que tu n’es pas un mannequin qui se regarde dans le beau miroir de la caméra mais une extraordinaire actrice qui aime se mettre en danger (la preuve, tu tournes avec Ron Howard - non, il ne faut pas rire - dans
Un homme d'exception où tu vieillis sans chichis avec Russell) et dont le talent n’a pas attendu le nombre des années. Tu es trop rare et je t'aime à en crever.