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Pourquoi je t'aime : Jennifer Jason Leigh [page 1]

Par - publié le 22 décembre 2005 à 02h04 ,
MAJ le 15 juin 2010 à 12h25 - 0 commentaire(s)
Aujourd’hui, la déclaration d’amour s’adresse non pas à un film mais à une actrice : Jennifer Jason Leigh. La plus grande des actrices, précise l'intéressé. Pourquoi elle ? Réponse en dix points.



Parce qu’on t’a connue dans un film de Verhoeven
Te découvrir dans La chair et le sang de Paul Verhoeven n’est pas une mince victoire. On imagine le Hollandais violent précis et exigeant ; toi, tu fais passer ses sentiments ambivalents et ambigus par ton simple jeu, lors de la terrible scène de viol, notamment. Tu dévoiles ici déjà des abîmes de complexité au fur et à mesure que ton personnage, qui semble avoir été écrit pour toi, côtoie les bandits. C'est ici que se niche finalement la plus brillante idée du film, dans le portrait de cette demoiselle attentiste et ambiguë. Avec ses regards en coin et son innocence perverse, elle incarne ici le péché originel et stimule durablement l'imaginaire.

Parce que Rutger Hauer
La Chair et Le sang a scellé votre histoire d’amour et vous étiez beaux sous la caméra de Paul Verhoeven dans des scènes d’amour hautement sensuelles et au riche potentiel érotique. Le film s’achevait sur la victoire de Jennifer et l’échec de Rutger. Dans Hitcher, Rutger est un psychopathe redoutable. Il te retrouve et t’écartèle avec une méchanceté insoutenable. Votre passion SM n’est pas prête de s’achever. Je reste intimement convaincu qu’on vous retrouvera. Dans un délice filmique futur, peut-être, mais on vous retrouvera. Après une longue traversée du désert (sur laquelle on préfère ne pas revenir), il est de retour cette année dans deux films marquants : Sin City, de Robert Rodriguez et Frank Miller (apparition brève mais marquante) et surtout Batman Begins de Christopher Nolan. Aujourd’hui, il tourne avec Takashi Miike. Sous l'égide de Paul Verhoeven, cinéaste sulfureux et intelligent, vous avez formé (in)consciemment un couple anti-Hollywoodien au possible, génialement excentrique, foncièrement pervers et incroyablement beau. Car, oui, vous êtes beaux.



Parce que tes personnages, forts et extrêmes, te ressemblent…
Depuis ce film – qui nous l'a fait connaître –, on sait que l'actrice possède une faculté à retranscrire le mal-être, le désarroi psy, la détresse… Tu ne cherches pas à plaire ; tu n'arbores pas les sourires niais comme pléthore de tes collègues et choisis des rôles si possibles hors des normes. Dans JF Partagerait appartement, de Barbet Schroeder, tu n'hésites pas à incarner une colocataire timbrée qui tente de zigouiller la vie de son autre coloc (Bridget Fonda) et plonge tête la première dans les arcanes de la folie. Dans Short Cuts, de Robert Altman, tu te montres adepte du téléphone rose en changeant les couches de ton môme. Dans Dolores Claiborne, de Taylor Hackford, tu traduis au plus juste l'incapacité à être comme tout le monde et à faire fi des souvenirs qui ruinent le cerveau et le bien-être. Dans In the cut, le sublime film de Jane Campion injustement boudé qui prend son temps pour sonder les maux intérieurs d'une femme qui redécouvre le désir et le sexe, tu es cette sœur marginale qui finira dans des circonstances qui défient la décence... Infime partie d'une filmographie jonchée de prestations tout aussi singulièrement brillantes.

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