10. Parce que c’est un peu plus qu’une série B. Nous l’avons vu :
Mad Max III - Au-delà du Dôme du Tonnerre déborde constamment des limites du simple film d’aventures post-apocalyptique. Une scène comme le récit, par la tribu du désert, de la fuite d’un groupe de survivants avant l’apocalypse puis leur création d’une communauté utopique contribue ainsi tout autant à la création d’une ambiance et d’un discours anti-nucléaire que les passages les plus « aériens » du récit. George Miller aurait pu jouer le minimum syndical. Il aurait pu se contenter de filmer des punks dégénérés, des poursuites en bagnole, des costumes "couleur locale", et tout le monde l’aurait applaudit. Ces éléments sont bien sûr présents dans Mad Max III, mais il ne s’est pas arrêté là. Combien de réalisateurs, dans la même position, se seraient payés le luxe de changer complètement de rythme à la moitié du métrage et de s’offrir une longue parenthèse sans la moindre scène d’action (toute la partie correspondant à la tribu du désert) ? Combien enfin auraient
osé un tel concept, résolument casse-gueule sur le papier ? A l’arrivée, pourtant, cela s’impose comme une évidence.
Ce n’est pas la moindre des qualités du film de Miller. Un film aux thématiques beaucoup plus riches que son sujet ne le nécessitait, à plus forte raison pour l’exercice d’une suite où trop souvent, tout ce que l’on peut attendre, c’est de voir la même chose en plus et en mieux. Pour ne pas vous être plié à ces diktats, quitte à décevoir vos fans, merci Mr Miller.
Car enfin, s’il y a une qualité qui ne devrait jamais être fustigée chez un réalisateur, c’est bien son ambition.